Critique de film

Black Christmas

"Black Christmas"
affiche du film

Des étudiants basculent dans l'épouvante après avoir reçu un coup de fil leur annonçant une série de meurtres prévue pendant les vacances de Noël...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Black christmas - Une hotte trop garnie
Par : Chroniqueurs occasionnels

Par The creeper

S’il y a bien un terme que les historiens pourront utiliser pour qualifier la décennie 2000 c’est celui de « remake ». Voire même « seventies reboot » puisque la production horrifique hollywoodienne est marquée, outre les nombreux remakes d’œuvres asiatiques et européennes, par des remakes de classiques de l’horreur des seventies. Massacre à la tronçonneuse, Fog, Assaut sur le Central 13 (si, si je vous assure c’est un film d’horreur de voir ce que Richet a fait du chef-d’œuvre de Carpenter !), Dawn of the Dead, etc. Une relecture qui s’apparente moins à une réinvention qu’à un passage à la moulinette puéril et vain. Soit appliquer un traitement mainstream à des chef-d’œuvres subversifs. En 2006, c’est donc au tour de Black Christmas, classique peu connu de Bob Clark. Réalisé par Glen Morgan, la nouvelle version se démarque de son aîné en marquant un peu plus le contexte du soir de Noël en pervertissant la figure du père noël puisque le psychopathe en porte un déguisement. Fini les attaques répétées envers les valeurs fondamentales de la famille, ici on préfère s’attaquer aux bons gros symboles.

Glen Morgan, bien connu des X-philes (les fans de X-Files bande de pervers !) pour avoir signé quelques scénarios et réalisé quelques épisodes, s’était lancé dans la réalisation avec son compère de toujours James Wong, les deux amis lançant la franchise Destination Finale. Concrétisant son désir de mettre en scène en solo, il connaîtra les pires difficultés avec Willard, remake d’un film des sixties. Un film bidouillé par les producteurs, éreinté par les critiques et spectateurs et qui pourtant réussit le petit miracle de livrer une vraie vision d’auteur en plus d’une bande horrifique à la fois touchante, profonde et angoissante. Une expérience douloureuse qui ne découragea pas complètement Morgan puisqu’il nous revient ici avec un nouveau remake. Et vu le soin apporté à son précédent film, on était en droit d’attendre une réappropriation en bonne et due forme. Las, s’il demeure quelques fulgurances, le traitement global fait plus penser à un digne représentant de ces slashers décérébrés qui auront pollué nos écrans qu’à un héritier de l’esprit torturé qui a présidé à l’original. L’intrigue reste la même mais Morgan (ou plutôt ses producteurs) préfère surligner ses effets et verser abondamment dans les scènes graphiques et démonstratives. Autrement dit, ça charcle sévère et le sang gicle à gros bouillon. Après tout, pourquoi pas mais le gros problème vient du fait que le film met en scène des bimbos certes moins cruches que la moyenne mais encore trop stéréotypées et sans aucun charisme (bien que non dénuées d’une charmante plastique). Le réalisateur peine à impliquer le spectateur dans le sort de ces jeunes filles.

Afin de se démarquer, Morgan envisage plus cette relecture sous l’angle de la préquelle qu’un remake plan pour plan. Ce qui en soi est tout à fait louable. Mais si les scènes de flashbacks explicitant le trauma de Billy (et oui, il garde le même nom d’une version à l’autre) s’avèrent sacrément dérangeantes, elles sont au final plombées par une interprétation outrancière. De nombreux griefs qui résultent pourtant de la volonté de monstration tout azimut des productions actuelles. Plus rien ne doit rester dans l’ombre, tout doit être exposé et si possible filmé sous plusieurs angles. Le hors-champ n’est plus considéré comme un territoire fantasmatique et aux propriétés physiques divergentes mais sert uniquement à faire surgir dans le champ un tueur armé d’un couteau. La présence du psychopathe n’est plus morcelée ou exclusivement ressentie, maintenant elle se doit d’être visible et physique.

Certes, le film de Glen Morgan n’est pas une bouse intégrale, dans le genre on a vu bien pire (qui a dit Prom Night ?) mais sa narration bien trop conventionnelle ne peut épargner la débâcle.


Oeuvres liées :

Black Christmas (1974)

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