Critique de film

Dead zone

"Dead zone"
affiche du film
  • Genre : Fantastique - Pouvoirs paranormaux
  • Année de production : 1983
  • Scénaristes : Boam Jeffrey, King Stephen
  • Acteurs : Walken Christopher, Skerritt Tom, Sheen Martin, Adams Brooke, Lom Herbert, Zerbe Anthony
  • Réalisateurs : Cronenberg David
  • Pays d'origine : USA
  • Durée : 1h43
  • Budget : 10 millions de dollars
  • Musique : Michael Kamen
  • Bande annonce
  • Récompenses : Saturn Award du Meilleur film d'horreur (1984)
    Nominé aux Saturn Awards du Meilleur acteur (Walken), Meilleur réalisateur et Meilleur scénario (1984)
    Nominé au Grand prix du festival d'Avoriaz (1984)
    Lauréat aux prix Antennae II, Critics et Suspense (David Cronenberg) au festival d'Avoriaz (1984)
    Prix du Meilleur film et de l'Audience au Fantafestival de 1984

Un grave accident de la route laisse Johnny Smith 5 ans dans le coma. tout a changé, même lui : en touchant les gens, il perçoit leur passé et leur avenir ! Mais un jour, il découvre plus extraordinaire encore : il peut contrôler et modifier le futur...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dead zone - Une véritable adaptation
Par : Damien

Dead zone fait partie des rares œuvres de Cronenberg dont il n’a pas lui-même créé l’intrigue. Le film est en effet une adaptation du roman éponyme de Stephen King, maître incontesté de l’horreur. Les adaptations cinématographiques des écrits de King se divisent en deux camps bien distincts : les échecs cuisants dus à une mauvaise mise en scène ou à un condensé trop libre ou trop peu fidèle de l’écrit originel et les franches réussites parce qu’émanant de réalisateurs à la créativité débordante et au talent incontestable. C’est au sein de cette seconde catégorie qu’il convient de ranger le Dead zone de Cronenberg.

Ne dérogeant aucunement aux règles qui ont fait de ses films des œuvres particulières, le réalisateur de Chromosome 3 parvient à livrer un condensé extrêmement fidèle de la brique de Stephen King. Le génie de Cronenberg réside principalement en cette double dimension : l’intense angoisse émanant de l’œuvre originale et l’univers particulier du réalisateur. Dead zone respecte tout à fait l’esprit de l’œuvre de son créateur tout en participant à la continuité des créations fantastiques cronenbergiennes. Une atmosphère froide, une musique neutre (qui n’est pas signée Howard Shore) qui font ressortir le climat tragique de l’œuvre.

Le métrage s’articule autour de deux genres qui coexistent continuellement : le fantastique et le drame. En ce sens, le film poursuit l’œuvre fantastique pessimiste de Cronenberg puisque l’apparition du pouvoir de John Smith coïncide avec son réveil du coma. Comme dans les précédents films du réal, toute situation bénéfique comporte son pendant maléfique immédiat, illustré ici par cette capacité de lire l’avenir. Ce pouvoir envié par tous emmène un revers de la médaille : la capacité de modifier l’avenir et donc de changer le présent. Ce négativisme se manifeste par les visions effrayantes qui assaillent John Smith : la maison qui brûle, l’enfant qui se noie, … Ces manifestations iront s’aggravant jusqu’à la vision ultime concernant le futur président des Etats-Unis. Dès lors, Smith, citoyen lambda (un statut d’anonyme souligné par le nom du personnage), devra choisir entre sa destinée et celle d’un lot considérable d’humains. Ecrasé sous el poids d’une décision qui le dépasse, Smith devra faire introspection totale pour trouver la solution en lui. En plus de se miner avec les responsabilités qui l’accablent, John Smith s’affaiblit au fur et à mesure de l’utilisation de son pouvoir. Véritable peau de chagrin, ledit pouvoir l’épuise de plus en plus, le menant irrémédiablement à la destruction.

Doté d’une dimension émotionnelle certaine, illustré par une photographie convenable, agrémenté de rares mais bons effets spéciaux, rehaussé par le niveau des acteurs mis en scène (notamment Christopher Walken), Dead zone fait partie de ces petits films à l’égard desquels on nourrit des tas d’apriori mais qu’on ne peut s’empêcher d’adorer dès la première vision.

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