Critique de film

Griffes de la nuit (Les)

"A Nightmare on Elm Street"
affiche du film

Nancy est une jeune adolescente qui fait régulièrement des cauchemars sur un homme au visage brûlé, avec un vieux pull déchiré et cinq lames tranchantes à la place des doigts. Elle constate d'ailleurs que parmi ses amis, elle n'est pas la seule à faire ces mauvais rêves. Mais bientôt, l'un d'entre eux est sauvagement assassiné pendant son sommeil. C'est ainsi que le groupe fait la connaissance de l'ignoble Freddy Krueger, qui se sert des cauchemars pour assassiner les gens qui rêvent de lui. Nancy comprend qu'elle n'a plus qu'une seule solution : si elle veut rester en vie, elle doit rester éveillé...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Les griffes de la nuit - Bonne nuit les petits...
Par : Dante

Wes Craven, malgré ce qu’on peut en dire, reste une figure très importante du film d’horreur. Réalisateur parfois inspiré, il le fut particulièrement avec Les Griffes de la nuit, qui ressuscite le mythe du croque-mitaine. Et fait bien plus que ça, puisqu’il créait alors le genre du boogeyman, lui donnant une figure qui restera très longtemps dans les mémoires d’amateurs de film de genre : Freddy Krueger.

Comme dans tout bon film d’horreur de l’époque, on découvre la vie de quelques adolescents gentiment naïfs qui nous arrachent quand même un petit sourire lors des scènes de meurtre. Mais ici pas de tueurs en série aux longs couteaux ou de mort-vivant armé de machette, mais un ennemi bien pire puisqu’il tue dans les rêves. Craven exploite alors pleinement son idée, ménageant l’effet de surprise, préférant instaurer une atmosphère paranoïaque et insomniaque. Malgré les clichés du genre, qu’il a d’ailleurs sûrement contribué à généraliser, on assiste aux ébats des adolescents en goguette avant que le méchant de service n’agisse. Craven oublie alors tout sens de la subtilité et fait gicler généreusement le sang sur les murs. Et ce, à plusieurs reprises, dans des scènes particulièrement angoissantes et violentes. Mais malgré la relative sauvagerie de certains meurtres, le film se permet tout de même quelques bons moments d’angoisse et même quelques portraits psychologiques, dont le personnage de Nancy.

Une autre originalité du film provient du monde des rêves, où les décors et l’atmosphère sont particulièrement travaillés et qui rend le royaume de Krueger plutôt angoissant. Chose qui serait reprise dans les opus suivants, mais qui porteront les pièges que Craven avait réussi à éviter. Car même dans le monde des rêves, Craven fait l’économie des effets spéciaux, préférant miser sur quelques effets assez simples (la forme dans le mur, les bras télescopiques) qui évitent au film de tomber dans le ridicule (ce que les autres ne manqueront pas de faire) et renforcent l’angoisse du film. Parce que même si le film est ponctué de quelques scènes assez gores, le ton est surtout porté sur l’angoisse qui en suinte, et l’économie d’effets granguignolesques fait que Les griffes de la nuit est un film qui réussit encore à faire frissonner de nos jours, ce qui n’est pas vraiment permis à toutes les œuvres.

Côté casting, on assiste à l’étalage de jeunes figures du cinéma américains qui n’ont pas forcement fait carrière. Sauf un petit inconnu du nom de Johnny Deep qui deviendra ce que tout le monde sait. Autre star du film : Robert Englund bien entendu, le Freddy Krueger qui malheureusement sera cantonné toute sa carrière dans son rôle, mais qui reste tout de même une grande figure de l’horreur. Un film culte donc, précurseur d’un nouveau genre, et qui a assez bien vieilli et a participé à la création d’un des personnages mythiques du fantastique. Mais qui n’échappera malheureusement pas aux griffes des producteurs qui ne tarderont pas à en faire un filon commercial. Malgré cela et même peut à cause de cela, Les griffes de la nuit reste un film d’horreur d’une grande qualité.


Critique de Les griffes de la nuit - One, two, Freddy comes for you...
Par : Winslow Leach

S’inspirant de faits divers lus dans les journaux ainsi que d’un souvenir d’enfance qui l’avait terrifié, Wes Craven crée en 1984 le premier d’une longue série de films consacrés au terrible Freddy Krueger. Sans le savoir, il tenait là une véritable mine d’or qui ne cesse, encore de nos jours, de faire des petits.

Nancy est traquée dans ses cauchemars par un mystérieux croquemitaine. Se confiant à ses amis, elle découvre qu’eux aussi sont victimes du même type de rêve. Une nuit, une de ses amies est sauvagement assassinée dans son sommeil. Peu à peu, Nancy comprend qu’un tueur nommé Fred Krueger et qui terrorisa jadis Elm street est revenu pour sévir dans les rêves des adolescents…

Les films consacrés au tueur d’Elm Street sont devenus au fil des années une franchise plus que juteuse. Pourtant, quand Wes Craven a proposé son script à divers producteurs, ceux-ci ne se sont pas jetés dessus. Considéré comme une histoire ridicule qui ne ferait peur à personne, le scénario des Griffes de la nuit n’a retenu l’attention que d’une personne, à savoir Robert Shaye. Seul lui et Wes ont véritablement cru en ce film. Et ensemble, ils ont été jusqu’au bout. The rest is history…. Mais bien que la série des Freddy compte actuellement sept films (+ le vs contre le tueur à la machette de Crystal Lake), seul le premier est une petite perle du film d’horreur. En effet, aucun autre épisode n’a véritablement réussi à atteindre l’angoisse et l’horreur de ce premier volet. Freddy Krueger y est mystérieux et dangereux, véritable incarnation du mal s’amusant à terroriser avec une belle pointe de sadisme les jeunes du quartier. On était encore loin du type cool à la punchline qui tue auquel on aimerai bien serrer la pince ! Ici, on évite de somnoler de peur qu’il ne nous tranche en deux (« un, deux,… »). Car quand il vous a à sa merci, il vous entaille sans hésitation engendrant ainsi des meurtres d’une violence et d’une brutalité rare (voir la géniale scène du plafond ou encore celle du petit ami aspiré par son pieu). Une telle sauvagerie sanglante ne se retrouve dans aucun autre film de la série. Ce qui est fort regrettable.

De même, l’histoire et le traitement proposé par le réalisateur étaient assez originaux pour l’époque. Entre rêve et réalité, les pistes étaient quelques fois brouillées, et toute une imagerie fantastique venait s’insérer harmonieusement à l’ensemble. La confrontation entre le bien (Nancy) et le mal (Freddy), élément classique du film d’épouvante, prenait vie de la plus belle des façons grâce à l’interprétation plus qu’honorable d’Heather Langenkamp et de l’excellent Robert Englund. D’autres personnages gravitant autour d’eux s’avéraient plutôt attachants dont Glen, joué par un Johnny Depp qui tenait là son tout premier rôle au cinéma, sans oublier l’éloquent John Saxon (Opération Dragon, Ténèbres) qui, tout comme Heather, reviendra pour les besoins du troisième et dernier opus (respectivement Les griffes du cauchemar et Freddy sort de la nuit). En plus de tout cela, l’ambiance sonore ainsi que l’excellente musique venait ajouter la touche finale à ce merveilleux film d’horreur qui en a inspiré plus d’un et qui a davantage marqué les esprits que toutes ses suites.

Mêlant horreur pure et fantastique, Les griffes de la nuit demeure à ce jour le meilleur film de la franchise et aussi le plus terrifiant. C’est aussi, pour votre serviteur, un super (et flippant) souvenir d’enfance, traumatisant par son ambiance unique et son surprenant croquemitaine. Un film à voir (ou à revoir) avec beaucoup de considération.


Commentaires sur le film

5 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Les griffes de la nuit possède tout en sa faveur : originalité, effets spéciaux impressionnants, pour l’époque bien sur, et un casting plus que correct, avec un premier rôle au cinéma pour l’acteur Johnny Depp. Un très très grand moment du cinéma d’horreur, à ne râter sous aucun prétexte.

22 septembre 2008 à 15:09 | Par Haddonfield

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