Critique de film

Dernière maison sur la gauche (La)

"The Last House on the Left"
affiche du film

Pour fêter son dix-septième anniversaire, Mari, accompagnée d'une amie, décide de se procurer de la marijuana. Lorsqu'un jeune marginal, Junior, se propose de leur en procurer, elles acceptent, ne se doutant pas que le dealer fait partie d'une bande de sadiques meurtriers emmenés par le terrifiant Krug. Leur calvaire va bientôt commencer.

Les critiques à propos de ce film

Critique de La dernière maison sur la gauche - L’horreur viscérale
Par : Gore Sliclez

En 1972, dans une Amérique en plein doute, divisée sur la question du Vietnam et confrontée à un activisme antimilitariste virulent, un jeune réalisateur de 33 ans signa un des nasties les plus dérangeants, malsains et choquants de l’histoire du cinéma. The Last House on the Left réalisé par Wes Craven, puisqu’il s’agit de lui, est un des premiers rape movie visuellement abordés et explicités.

Deux jeunes filles sont enlevées, violées, torturées, humiliées et assassinées dans une forêt qui jouxte la maison des parents de l’une d’entre elles. Ceux-ci, ignorants le drame, recueillent les assassins avant de découvrir l’horrible vérité et de se venger de façon spectaculaire et terrifiante.

Interdit dans de nombreux pays à sa sortie et diffusé dans des versions amputées de plusieurs minutes, le film fut même présenté en Allemagne comme un snuff movie tant il est vrai le film paraît être tourné par un vidéaste amateur. Mais la seule version longue non censurée et recherchée est de 91 minutes.

C’est l’innocence qu’on assassine (« La vie est belle » dira l’insouciante Mari) dans ce film en humiliant à l’extrême deux jeunes filles qui voulurent simplement passer un peu de bon temps en allant assister à un concert, voulant fumer un peu d’herbe juste avant de faire une mauvaise rencontre. Et comme dans de nombreux films d’horreur la transgression est souvent payée à prix fort voire fatale. Wes Craven aborde toute l’horreur sociale dans ce qu’elle a de plus abjecte et ne s’interdit rien : le viol, l’humiliation (Phyliss obligée d’uriner dans son pantalon sous peine de voir son amie se faire tuer), torture physique et psychologique, cette frustration des salauds issue de la différence de classes sociales et enfin la loi du Talion si souvent abordée dans les seventies. Car le film est bien divisé en deux parties. La première se focalise sur les sévices des pauvres jeunes filles et la seconde montre l’homicide, la préparation de la revanche des parents. Un final qui interpelle à travers nos émotions ressenties et qui nous oblige à affronter la question sensible aux Etats-Unis et qui est celle de du vigilantisme ou auto-justice. La bande annonce a beau marteler It’s Only a Film cette œuvre nous oblige à regarder cet innommable qui se déroule chaque jour, chaque année et dans chaque coin du monde, parfois dans le voisinage.

On ressent de la haine vis-à-vis de cette bande de petites frappes menée par un Krug interprété par David Hess, cantonné à l’époque aux personnages de salauds. Pour l’anecdote, David Hess fut également chanteur et signa d’ailleurs la bande sonore du film mais aussi celle de Cabin Fever d’Eli Roth. Il fut également parolier pour Elvis Presley, excusez du peu. Sachez également que Wes Craven utilisera le nom de Krug pour son autre personnage malsain de Nightmare on Elm Street le dénommé Freddy KRUeGer.

Si la qualité du film a terriblement vieilli (son et cadrage immondes) et si certaines scènes frôlent par moment le ridicule (ces deux flics chargés de l’affaire sont franchement cons et n’apportent strictement rien au film), le ton quant à lui n’a pas pris une ride. Le film fascine toujours autant et reste absolument abject par moment. Si l’aspect technique du film est à oublier au plus vite, le sujet et la triste histoire de Mari et Phyllis vous hante longtemps après et on peut affirmer que La dernière maison sur la gauche reste malgré tout une œuvre phare de la carrière de Craven mais aussi du cinéma d’horreur dans son ensemble.

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