Mike et Liz croyaient avoir éliminé le monstrueux croque-mort de Morningside qui volait des cadavres pour les acheminer dans une autre dimension. Le revoilà déguisé en fantôme, il revient hanter Mike dans ses rêves. L'épouse de Reggie, son frère, souffre des mêmes phantasmes. Toujours au volant de sa Cadillac, il vise des nouveaux cimetières et ses alliés sont nombreux. Mike et Reggie décident d'abattre leur cruel ennemi. Avec la jeune Alchemy, ils se rendent à Perigord, où...
Réalisé en 1979 par un tout jeune Don Coscarelli, le premier Phantasm a connu à sa sortie un succès d’estime avant d’être reconnu à sa juste valeur au fil des années et de devenir un classique culte du cinéma d’épouvante. L’originalité de ce métrage onirique et morbide annonçait les exactions de Freddy tout en développant une mythologie riche puisant dans la science-fiction pour concrétiser des visions cauchemardesques. Coscarelli s’essaya ensuite à l’Heroic Fantasy humoristique via le sympathique Dar l’invincible mais fut rapidement contraint de revenir à sa série fétiche. Après Phantasm 2, il tenta encore une fois de changer de registre avec un survival adéquatement nommé Survival quest. L’échec de ce dernier film amena le cinéaste à enchaîner Phantasm 3 et Phantasm IV avant d’enfin connaître un nouveau succès via Bubba Ho Tep. Depuis, le bonhomme (qui planche également sur Bubba Nosferatu) a annoncé un ultime épisode de sa sage fleuve judicieusement titré Phantasm’s end mais rien ne semble se concrétiser.
Revenons-en à Phantasm 2, réalisé en 1988, soit une décennie après le premier volet. Mike, interné dans un hôpital psychiatrique suite à sa confrontation avec le
maléfique croque-mort surnommé le Tall Man, vient d’être libéré. Il part retrouver son ami Reggie et tente de le convaincre de partir à la recherche d’une jeune femme nommée Liz. Cette dernière est également menacée par le Tall Man, toujours à la recherche de cadavres supplémentaires qu’il pourra transformer en esclave. Reggie, d’abord sceptique, accepte d’aller combattre le croque-mort sur son territoire : un mausolée labyrinthique dont nul ne ressort vivant.
Neuf années ayant passé depuis Phantasm, Don Coscarelli commence cette séquelle en livrant une nouvelle version de l’affrontement final du premier épisode. Cette relecture diffère un peu de celle vue précédemment et met davantage en vedette le malchanceux marchand de glaces Reggie, toujours incarné par un Reggie Bannister de plus en plus proche du Bruce Campbell / Ash de la saga Evil Dead. Faire-valoir du héros dans Phantasm, Reggie Bannister devient donc le personnage principal de cette suite, laquelle change radicalement d’ambiance pour verser allègrement dans l’horreur et l’action. Coscarelli délaisse par conséquent le rythme lent et le climat onirique macabre du premier film pour une œuvre plus ancrée dans son époque, à savoir les plus démonstratives années 80. Toutes proportions gardées, Phantasm 2 est donc à Phantasm ce que Aliens fut à Alien ou Evil Dead 2 à Evil Dead…La même chose avec plus de monstres, d’action, de sang et d’explosion ! Si Reggie Bannister est toujours fidèle au poste, Michael Baldwin cède la place pour cet épisode (il reviendra dans les suivants !) à James LeGros, un acteur quelconque mais au physique « plaisant ». Ce changement d’acteur malheureux, sans doute destiné à élargir le cercle des fans de Phantasm, a été imposé par les producteurs et reste un des principaux problèmes de cette suite. Néanmoins, on se consolera en se disant que ça aurait pu être pire puisque Brad Pitt ( !) avait auditionné pour ce rôle. Blague à part, James LeGros peine un peu à convaincre et ne semble pas vraiment à sa place dans l’univers mis en place par Don Coscarelli.
Heureusement, Angus Scrimm, pour sa part, reste présent dans le rôle du terrible Tall Man et se montre toujours aussi menaçant lorsqu’il prononce son fameux "Boy". Le comédien, à présent indissociable de ce personnage mythique, s’en donne à cœur joie, tout heureux de retrouver un méchant aussi détestable et charismatique. Au niveau du scénario, Phantasm 2 demeure relativement nébuleux mais se montre cependant plus aisé à suivre que le premier volet. A la place de l’univers de cauchemars ou de rêve éveillé du premier volet, Coscarelli développe une intrigue plus carrée dans laquelle l’action domine. Un peu languissant, voire ennuyeux, durant les trois premiers quart d’heures, le métrage trouve finalement son rythme dans sa seconde moitié, alors que nos héros partent combattre les forces du mal, l’un équipé d’une lance-flamme et l’autre d’un fusil à quatre coups. Sans oublier une inévitable tronçonneuse, outil indispensable à tous les films d’horreur de l’époque, utilisée à bon escient lors d’un duel mémorable. La majeure partie de Phantasm 2 se déroule dans un funérarium gothique, à l’architecture impressionnante, hanté par les mystérieux nains encapuchonnés (tout droit sortis de Star wars) mais aussi par d’autres séides du Tall Man comme ces croque-morts
obstinés et ces tueurs équipés de masque à gaz. Quelques clins d’œil humoristiques parsèment également le métrage, comme ce sac dans le crématorium appartenant à un certain "Sam Raimi". Sans sombrer dans la parodie pure et simple, Phantasm 2 apparaît donc comme plus léger que l’original et ne prend pas vraiment au sérieux cette histoire assez abracadabrante. Les apparitions des sphères meurtrières sont néanmoins très réussies et génèrent un petit frisson lorsqu’elles volent vers leurs victimes avant de se ficher dans leur crâne pour les perforer à grand renfort de jets de sang. Les gadgets mortels des sphères comportent même, cette fois, un balayage infrarouges et un rayon laser destructeur qui grille en une fraction de secondes un pauvre rat. Sans verser dans le gore outrancier et gratuit, les scènes sanglantes se montrent donc nettement plus démonstratives et variées en alignant mutilations, corps carbonisé dans un crématorium, pendaison, bras tranché, etc.
Décidé à en donner pour son argent au spectateur, Don Coscarelli se montre finalement plutôt inspiré et évite la simple redite du premier épisode au profit d’une variation sur un thème connu définitivement plus rythmée, gore et distrayante. Un changement d’orientation qui pourra rebuter les puristes mais qui se révèle, en définitive, plus intéressant qu’une simple redite d’un classique de toutes manières inégalable.
Sans parvenir à égaler la magie de Phantasm, ce deuxième volet tire adroitement son épingle du jeu et propose un spectacle original et distrayant même si, de part son ancrage dans les années 80 (aucun clichés de l’époque ne nous est épargné), l’ensemble a aujourd’hui un peu vieilli. A voir malgré tout !
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