Depuis quelques temps, Heather Langenkamp reçoit de terrifiants coups de fil anonymes. Son fils Dylan se comporte bizarrement et ne cesse de parler d'un homme qui vient le chercher quand il dort. Pour Heather, Freddy, que tous croyaient mort et enterré, est bel et bien vivant !
Quand y en a plus, y en a encore, et oui, Craven n’allait sûrement pas laisser terminer la saga qu’il avait lui-même amorcée par n’importe qui, et si en route il pouvait relancer le business dû à la saga, ce serait Bingo. Alors nous revoici partis pour un septième volet.
Annoncé par certains comme un retour au source, vu que le créateur revient au commande de ce qui doit être le dernier volet officiel de la
saga (du moins jusque-là). Mais on ne peut s’empêcher quand même de se demander l’utilité d’une telle suite, puisque l’épisode 6 avait donné une fin honorable au croquemitaine mythique. Alors quand on nous annonce le retour de Craven aux commandes, réalisateur bombardé maître de l’horreur alors que sa filmographie se compose autant de grands films que de nanars indigestes, on est en droit de se poser des questions.
Bien entendu, pour relancer la machine, il faut insuffler de l’originalité dans un concept rongé jusqu’à l’os par une horde de scénaristes, et dès les premières images, Craven nous fait comprendre qu’il va changer radicalement de point de vue, car il s’intéresse ici au réel réellement réel. Oui, un peu déroutant. On retrouve donc la Nancy du premier opus, mais qui joue ici Heather Langenkamp, donc elle-même. Voilà la grande originalité de ce 7ème épisode, c’est qu’on s’intéresse aux acteurs même de la saga, on retrouve Robert Englund qui se joue lui-même et même John Saxon qui joue…John Saxon.
Mais où veut donc nous amener le papy Craven avec de telles idées ? Ben, on ne sait pas trop au final, car l’intrigue commence avec des tremblements de terre qui ponctueront le film sans réel intérêt et l’on comprend que l’actrice qui jouait Nancy est hantée par le personnage de Freddy et poursuivie par un détraqué qu’elle soupçonne être le croque-mitaine himself. Le concept est donc très intéressant, on assiste à un film dans un film, procédé repris plus tard par Spike Jonze et son excellent Adaptation. Mais dans un film censé être un film d’horreur, ça blesse un peu car Craven ne prend pas le temps d’approfondir son idée et s’en sert seulement de contexte pour relancer Freddy à la chasse. Le tout servi par une explication fumeuse aux allures faussement mystiques, racontées par Craven lui-même (fallait bien qu’il soit là aussi), parlant d’inspiration, de démon et de je ne sais quoi. Au passage, on fait un peu de pub pour la maison de production New line cinéma (ça fait pas de mal).
Alors s’enchaînent les petits moments d’angoisse, où les fans de la série guettent l’arrivée de Freddy à chaque minute, mais il faudra 45 min avant de voir son visage et 1h avant la première attaque digne de ce nom. Le
reste est concentré sur l’enfant de Nancy, non, excusez-moi d’Heather, donc réel mais pas tout à fait, enfin vous avez compris. Enfant donc qui devient la cible de Freddy et qui permet de retrouver heureusement les concepts de base de la saga, la comptine, la peur de dormir, l’insomnie etc… Puis la fin revient quand même aux sources, avec un énième affrontement entre l’héroïne et Freddy, qui ressemble à tous les autres et l’excès d’effet finit de dénaturaliser le film. Comme le changement de design de Freddy, ici plus vilain, moins marrant, moins Krueger quoi.
Un film bizarre donc, un Freddy qui n’en est pas vraiment un, sorte de réflexion sur la saga, bien qu’on mette surtout l’accent sur le premier opus en répétant qu’il est de loin le meilleur. Craven a encore une fois frappé, jouant avec les codes de façon maladroite, trouvant des concepts intéressants mais qui oscillent toujours entre le premier et le second degrés, ce qui finit par perdre le spectateur. À voir tout de même pour conclure la saga.
Oeuvres liées :

Ce site compte actuellement :
Donnez votre avis sur le film !