Critique de film

Dead meat

"Dead meat"
affiche du film

Sur une petite route d'une région reculée D'Irlande, Martin et Helena percutent un promeneur. Tout indique que le choc l'a tué, mais, soudain reveillé du sommeil éternel des morts, l'inconnu se jette sur eux, et mort Martin qui , peu après se transforme lui même en créature de sang et de chair humaine. Livrée a elle meme, Martin découvre l'ampleur de la contagion cannibale...... Elle avance en territoire infesté de monstres qui n'ont d'humain qu'apparence...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dead meat - De la viande absente...
Par : Damien

Les films de zombies entrent dans une nouvelle vague. Depuis la reprise de ce thème de manière médiatique avec L’armée des morts de Zach Snyder, les métrages dont le thème porte sur les morts-vivants pullulent. Venant de tous horizons (Etats-Unis, Japon, …), ces œuvres émanent en général des pays anglophones (Undead en Australie, 28 jours plus tard en Angleterre, Le territoire des morts aux States). Une nation semblait manquer à l’appel dans ce panorama anglophile : l’Irlande. Grâce à ce Dead meat, c’est maintenant chose faite.

Surfant sur le succès relatif d’Isolation de Billy O’Brien (venant également d’Irlande), le réalisateur Conor McMahon fait démarrer son histoire de morts-vivants à partir du phénomène de la vache folle. Bovins contaminés s’attaquant aux hommes et les contaminant à leur tour. Dès lors, les pauvres mordus se retrouvent à l’état de morts-vivants et déambulent pour obtenir leur quota de cervelles.

Une histoire classique qui met en lumière de pauvres bougres essayant de survivre à tout prix face à ces émanations de l’enfer. Sous ses dehors très convenus, Dead meat a tout de même le mérite de faire deux propositions intéressantes. D’abord, il permet une décontextualisation du mythe de zombies que l’on voit volontiers à l’ouvrage dans des villes désertées ou dans des lieux totalement clos. Ici, un exode urbain a lieu puisque nous retrouvons les chères créatures dans une Irlande campagnarde véritablement exotique. McMahon joue d’ailleurs assez bien de cette donnée géographique puisqu’il donne un ton très morose à son métrage et dote chaque personnage de son potentiel rural (leurs expressions, leur style vestimentaire).

Ensuite, l’intérêt principal du métrage tient à sa construction formelle, davantage réussie que d’autres séries B disposant d’un budget plus conséquent. De nombreux plans sont extrêmement recherchés et renvoient aux travaux picturaux des débuts de Sam Raimi ou de Peter Jackson. Le style classique laisse place à une véritable poursuite de la beauté formelle, amplifiée par une superbe photographie. Tant qu’on en est à parler de Raimi et consorts, il faut spécifier les appétences incontrôlables du réalisateur en ce qui concerne les clins d’œil et hommages aux maîtres qui l’ont bercé. Evocation de La nuit des fous vivants, allusions aux films romériens, hommages à Evil dead de Raimi, rien n’est laissé au hasard lorsqu’il s’agit de faire du pied aux rois du zombie.

C’est peut-être dans cette concentration extra-œuvre que le métrage perd beaucoup de plumes. A force de s’entêter à soigner sa présentation et à planter des références vers ses réals chéris, McMahon en oublie quelque peu son propre film et néglige son intrigue. Au scénario trop classique pour être bandant viennent se scotcher des dialogues d’une vacuité effarante récités par des acteurs secondaires de seconde main. Les protagonistes (Héléna et Desmond) sont en revanche assez convaincants mais ne parviennent pas à calfeutrer les prestations éreintantes du couple de cinquantenaires ni de celle de la petite fille, affligeante dans ce rôle bien trop complexe pour son niveau mental.

En définitive, Dead meat reste un film moyen. S’il ne brille pas tout à fait à cause de son scénar très classique et de ses rares effets gore, il parvient tout de même à diffuser quelques lueurs lorsqu’on s’arrête à son image magnifique et qu’on contemple les paysages qui entourent les personnages.


Critique de Dead Meat - Dead budget !
Par : Mae-Nak

Conor McMahon fait partie de ces réalisateurs presque inconnus émargeant à un petit pays où la culture cinématographique se résume souvent à sa plus simple expression. L’irlandais s’était néanmoins signalé par le très appréciable court Braineater en 2001, film où il montrait ses talents pour la comédie aux accents gores. Ce n’est donc pas tellement une surprise de le retrouver trois ans plus tard à la tête d’un film de morts-vivants. Néanmoins, avec un pitch de base assez original et bien ancré dans son temps, Dead Meat met indéniablement l’eau à la bouche. Surfant sur la vague anglo-saxonne créée par 28 jours plus tard, McMahon reprend le thème des contaminés mais le place dans un contexte…. champêtre. Les paysans d’une région reculée d’Irlande auraient en effet été attaqués par des vaches folles et se seraient alors transformé en zombies. En évoquant de telles raisons, McMahon surprend et son thème sera d’ailleurs repris un an plus tard de manière plus « scientifique » par Billy O’Brien et son fameux Isolation.

Dès les premiers instants, la justification farfelue de l’épidémie saute aux yeux sympathiquement avec une attaque de vache dont la violence est suggérée (faute de moyens) par un peu de sang sur une lampe de poche. Usant intelligemment des ficelles horrifiques courantes, McMahon fait monter une ambiance anxiogène exacerbée par le maniement très spécial de la caméra au poing. Mais, avant toute chose, c’est la photographique campagnarde magnifique utilisée à merveille par Andrew Legge qui provoque enchantement et émois à l’égard de ces étendues rurales. Dotées d’un score malsain et tendu, ces images de champs peuplés de vaches folles ou désertés de la moindre présence vivante sont d’une efficacité à toute épreuve, créant une espèce d’oppression dans l’esprit du spectateur.

Un véritable survival s’engage alors dans ce milieu champêtre où quelques humains essaient tant bien que mal de survivre. Rappelant les chefs-d’œuvres romériens sur le fond, le métrage s’essouffle malgré tout assez vite à cause d’une mise en forme souffrant énormément du manque de moyens mis à disposition de McMahon. Ce dernier essaie tant bien que mal de bricoler des effets horrifiques avec les moyens du bord. Il nous propose notamment, en tant que vrai fan du genre, quelques travellings rapides et chaotiques à la Evil dead, sans pour autant parvenir à tirer la quintessence de ses scènes. De plans fixes foireux et inepties zombiesques (les morts-vivants qui font tous ensemble la sieste debout dans un champ), le métrage sombre petit à petit dans l’amateurisme malgré quelques séquences de qualité. En plus de quelques scènes gores carrément jouissives, McMahon parvient à développer en de rares instants des moments claustrophobiques intenses (les survivants enfermés dans une voiture lors d’une attaque) malheureusement sapés par un manque cruel d’imagination. Il en va de même pour un final qui aurait pu appeler une suite mais qui, au contraire, s’avère être d’une platitude sans égal.

Après des débuts prometteurs, le métrage s’enlise quelque peu dans un dédale de tares impressionnant. Bien entendu, le côté amateur de l’œuvre et les faibles moyens dont celle-ci jouissait aident à oublier bien des défauts et à rendre l’ensemble sympathique. Dead Meat est donc une première œuvre honorable pour un réal qui mériterait peut-être un peu plus de considération de la part des producteurs…

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