Sixième épisode des aventures cauchemardesques de Freddy. Après avoir tué tous les enfants de sa ville natale, il cherche à aller dans un nouveau territoire pour y trouver de nouvelles proies...
Et oui, Freddy refait son retour, pour la sixième fois. C’est maintenant l’inconnue Rachel Talalay qui s’y colle pour ressusciter le croque-mitaine au pull rayé qui n’en a définitivement jamais assez. Pas si inconnue que ça, puisqu’elle est une habituée de la série, productrice des épisodes 3 et 4 , elle a même signé le scénario du quatrième. Avant de passer à la réalisation pour un résultat plutôt correct.
Après avoir laissé Freddy dans un épisode calamiteux, on voyait mal comment les scénaristes allaient pouvoir insuffler du sang neuf, dans une saga qui commençait à sentir le déjà-vu. Mais cette fois le parti pris est net : tuer Freddy. Comme nous l’annonce le titre, on espère que ce
sera l’ultime épisode et qu’il sera à la hauteur du personnage. Pari risqué donc, mais pas si difficile vu la qualité des opus précédents. Mais, dès les premières minutes, le film nous montre ses principaux défauts : une avalanche d’effets spéciaux cheaps, qui donnent au film et surtout aux mondes des rêves un aspect cartoon voire Tex Avery qui n’a pas grand-chose à voir avec l’enfer angoissant du premier. L’histoire se met alors en place, avec beaucoup de peine, et on ne comprend pas vraiment les aboutissements ni les objectifs du film. On arrive alors dans un refuge pour jeunes adolescents perdus, qui nous renvoie au troisième opus, surtout que certains personnages semblent s’en être échappés, je parle notamment de la guerrière amazone. Mais rapidement on change de registre, avec l’arrivée dans un village perdu, qu’on apprend hanté par le fantôme de Freddy. Avancée intéressante, puisque jamais les autres opus n’avaient montré l’impact des meurtres du croque-mitaine sur la réalité. Même si les traits sont ultra forcis (tous les adultes sont devenus fous et continuent de croire que leurs enfants sont vivants), l’atmosphère est malsaine et angoissante et les décors convaincants.
Mais bien entendu, Freddy, c’est avant tout une histoire de cauchemars et ils ne tardent pas à arriver. Toujours aussi grandguignolesques, les effets spéciaux tendent vers le ridicule mais transpirent tout de même la volonté et la sincérité indéniable d’aller toujours plus loin et de se démarquer des ses prédécesseurs. Au final, le côté complètement surréaliste et cartoonesque du film, donne à Freddy une nouvelle facette à sa personnalité. En plus de cela, les meurtres se veulent plus violents, plus sadiques que les précédents. Exit donc les combats ridicules et les morts tout aussi pathétiques, ici il y a du sang et du sadisme à revendre.
L’autre force du film vient de l’intrigue, alors que les opus précédents distillaient au compte-goutte les pans de l’histoire de Freddy Krueger, ici
on nous dit tout, ce qui inscrit le film un peu plus dans la volonté d’en finir. Le mythe est donc renforcé, car on nous apprend à connaître l’homme derrière la créature, même si le tout est stéréotypé, c’est une véritable bouffée d’air dans une saga qui avait tendance à se renfermer sur ses acquis. A noter également une apparition de Johnny Deep et également d’Alice Cooper.
Un épisode très convaincant, malgré quelques défauts de mise en scène et une surenchère d’effets, le résultat est très prenant et réussit à prouver que Freddy est encore un personnage de film d’horreur effrayant. Un film qui aurait fait une belle pierre tombale pour Krueger, le condensé des morts de la saga dans le générique de fin valant toutes les oraisons funèbres. Dommage qu’on ne s’en soit pas arrêté là.
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