Critique de film

Crocodile de la mort (Le)

"Eaten alive"
affiche du film

Une prostituée ayant quitté son bordel, un couple et leur petite fille, deux personnes à la recherche d’une disparue, un jeune redneck et sa petite amie d’un soir ... tous se rendront au Starlight hotel tenu par le vieux Judd mais peu en ressortiront vivants.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Crocodile de la mort - qui tue...
Par : Gore Sliclez

Judd (Neville Brand) est un propriétaire redneck du Starlight Hotel, un établissement minable situé en plein Bayou qui accueille les quelques touristes perdus qui osent s’aventurer dans le coin. Véritable attraction du coin, un crocodile semble monter la garde dans un enclos annexé. Mais dans la tête de Judd, ça ne tourne pas très rond et l’ami n’apprécie pas beaucoup tous ces nouveaux arrivants un peu trop curieux et aux mœurs excentriques. Il décide de faire le ménage avec son ami croco.

Réalisé trois ans après Massacre à la Tronçonneuse (1974), Le Crocodile de la Mort (Eaten Alive, 1977) nous présente un de ces personnages que Hooper semble tellement apprécier, complètement barje, au physique de bouseux local et meurtri dans sa chère comme dans sa tête.

L’endroit est isolé, inquiétant, noyé dans le brouillard et un silence à peine perturbé par les cris de la faune tropicale. Un filtre orangé contribue à l’atmosphère moite et angoissante du lieu. Les premiers clients arrivent : une jeune fille en perdition, une famille en crise, le père (Mel Ferrer sans doute égaré) et la sœur de la jeune fugueuse ou enfin un couple venu baisouiller (dont un Robert Englund dans son premier film d’horreur). Les femmes sont belles, Tobe Hooper leur rend hommage en les filmant dans leur intimité, véritables scream queen opulentes et sexy qui tentent de s’échapper des assauts à la faucille (dont un ralenti de toute beauté) du vieux Judd dans des tentatives de fuites d’un érotisme sanglant et pervers.

Une atmosphère glauque, moite et agrémentée d’une musique stridente, métallique. La violence est brutale, vulgaire et nihiliste à l’instar de cette petite fille handicapée poursuivie dans le vide ventilé de l’hôtel, terrorisée d’un côté par Judd le barje et de l’autre côté par un crocodile à l’appétit jamais rassasié. Mais pour ceux qui s’attendaient à un film Animal Attack, ils risquent d’être déçus car le monstre n’est pas celui que l’on croit. Le croco (très mal réalisé soit dit en passant) passe derrière, fait le ménage et nettoie tout, point barre.

Cet Hôtel des âmes perdues est un énième enfer sur terre imaginé par le fou Kim Henkel et imagé par un Hooper, le précurseur du film d’horreur moderne, qui à l’époque était toujours autant inspiré et intègre dans sa vision décalée et punk de la société. Un film sans concessions qui, malgré certaines longueurs répétitives et préjudiciables au rythme, assouvit notre voyeurisme via un ton anarchiste, insolent et provocateur. Combien de films actuels sont encore réalisés dans la même veine ?

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