Un groupe d'étudiants est sélectionné pour partir en excursion sur une petite île isolée afin d'y étudier la flore. Les habitants des lieux, un couple de cinéphiles excentriques, accueillent et filment les nouveaux arrivants...
Avec dans son bagage un court métrage intitulé The light qui ne marquera certainement pas les annales du cinéma, Matt Flynn se lance à bord d’une nouvelle aventure en débarquant dans le monde de l’horreur et en présentant son Fanatique.
La recette de la série B est bien connue : soit elle se prend au sérieux et
a bien des chances de se ramasser dès la première critique, soit elle utilise une arme contre laquelle on ne peut rien avec l’humour et tente de persuader de la bonne foi de son entreprise en se donnant des airs d’œuvre décomplexée.
C’est précisément dans ce deuxième tableau que joue Flynn qui signe avec Fanatique une parodie légère des plus grands slashers vus au cinéma. En réalité, bien plus complexe que cela, le film est une œuvre dans l’œuvre. Le réalisateur (et scénariste) s’acharne à démonter quelque peu les codes établis du genre en les utilisant à l’excès. Volontairement embarqués dans une histoire bateau, les acteurs s’amusent à poursuivre la quête de l’auteur en se prêtant fort bien au jeu et en injectant leur passé cinématographique (on y retrouve Juliet Landrau, figure de la série Buffy contre les vampires et William Forsythe, le shérif de Devil’s rejects).
Fier de sa culture cinématographique étendue, Flynn ravit autant les connaisseurs que les néophytes en citant à tout va des œuvres cultissimes impossibles à détrôner comme Orange mécanique, Les oiseaux, Massacre à la tronçonneuse. Plus subtil, il glisse quelques évocations un peu plus ténues comme ces noms de personnages en témoignent : Mary Shelley, Bates, le professeur Argento. Et, en fan démesuré pour le cinéma de genre, le bonhomme, en plus de ces clins d’œil pompeux, s’amuse à installer un climat propre aux films d’horreur en faisant mourir de manière originale (bien que !) tous ces jeunes étudiants aux profils très convenus (on a droit au petit black, à l’intello coincée, la chaudasse qui suce autant les doigts des mecs que les Chupa Chups, le connaisseur dont il faut se méfier, le bouffon de service et j’en passe).
Laminant les poncifs du genre et jouant habilement de toutes les figures préétablies, Flynn livre un métrage aussi amusant qu’inintéressant. Sa
multiplication des références est maladroite et ne fait que renforcer l’incohérence d’un scénario bidon mais pourtant mal bouclé. D’autant que certains rapports avec des films existants doivent être clairement expliqués par les protagonistes eux-mêmes sans quoi nous serions passés à côté de ceux-ci (le puits et la jeune fille de The Ring ok, mais trois crochets qui évoquent Hellraiser, bof bof !).
En fin de compte, quand on réalise un film pareil, c’est soit qu’on veut rendre hommage au genre qu’on affectionne (auquel cas, Fanatique est un fiasco), soit qu’on n’a pas d’autre idée (auquel cas, Fanatique est de toute façon raté). Flynn s’est enseveli seul sous le poids des références qu’il cite et, même à travers celles-ci, n’est pas capable de prendre le moindre risque…
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