Un ancien gardien de camp d'été, gravement brûlé par une mauvaise blague qui a mal tourné, se cache dans les bois près d'un camp d'été de New York afin de se venger des jeunes adolescents responsable de sa défiguration.
Parmi la vague de slashers ayant déferlé au début des années quatre-vingts suite au succès du Halloween de John Carpenter et du premier Vendredi 13, ce The burning (sorti à l’époque chez nous sous le titre passe-partout de Carnage) fait aisément partie du haut du panier, en étant aussi bien généreux en suspense qu’en scènes gore très graphiques.
Le script prend place dans une colonie de vacances pour y suivre la vengeance sanglante d’un moniteur ayant été victime quelques années auparavant d’une mauvaise blague qui a mal tourné.
La séquence d’introduction nous fait suivre les préparatifs et l’exécution de cette farce macabre élaborée par plusieurs gamins et destinée à effrayer un surveillant acariâtre et brutal en déposant à côté de son lit un crâne gluant dont les yeux sont illuminés par des bougies. Mais cette farce est encore plus efficace que prévue et la victime dans la panique balance le crâne sur son lit, l’enflammant et le brûlant sous les regards mi-horrifiés mi-amusés des jeunes qui regardent l’homme sortir de sa cabane sans l’aider, lui laissant le soin de se jeter dans une rivière toute proche pour éteindre les flammes.
L’intrigue laisse passer quelques temps pour continuer à s’intéresser à ce personnage qui a survécu tout en étant grièvement brûlé au point d’effrayer les infirmiers. Dès sa sortie de l’hôpital, le visage masqué par une écharpe et un chapeau, il s‘empresse d’aller se dénicher une prostituée qui est bien entendu terrifiée par le faciès (que le réalisateur se garde bien de nous montrer) de son client, déclenchant ainsi chez lui une fureur meurtrière puisqu’il l’assassine à coups de ciseaux.
Après cette introduction certes classique dans son agencement (la blague), mais se permettant une petite incursion urbaine dans un univers dignement hérité du Maniac de William Lustig, le métrage s’installe dans le camp de vacances pour nous présenter ses personnages principaux (aussi bien les moniteurs que les petits vacanciers). Cette présentation est certes classique mais évite tout humour potache pour plutôt s’attarder sur des relations et des situations réalistes qui se suivent sans ennui. Pour attiser notre intérêt, le réalisateur laisse rapidement entrevoir la présence sur place d’une ombre menaçante armée d’une longue cisaille à haie, tout en multipliant de fausses alertes cohérentes (dont une scène de douche gentiment détournée) qui parviennent à faire monter une petite tension (pensons à cette histoire racontée au coin du feu qui est remarquablement présentée).
Il faut attendre qu’une partie des vacanciers, accompagnés de plusieurs moniteurs, partent en excursion en canoë pour que l’intrigue n’invite véritablement son assassin à passer à l’acte. Les séquences de meurrtres alternent judicieusement un suspense tendu avec des plans sanglants terriblement volontaires alors que d’autres scènes demeurent plus prévisibles, mais toujours en laissant planer le doute sur le moment choisi par le meurtrier pour frapper.
Le dernier acte, après le massacre d’une bonne partie du casting, respecte les codes du genre (même si ici ce n’est pas une pauvre demoiselle qui doit s’enfuir à travers bois poursuivie par l’assassin), tout en apportant une petite révélation minimaliste et basique sur l’intérêt particulier porté par le tueur à ce groupe précis. En outre, le réal nous offre une double confrontation finale rondement menée en laissant présager le pire avant un acte héroïque d’un personnage jusqu’ici malmené, avant de nous gratifier d’un dernier plan complice.
Si l’intrigue peut sembler bien classique aujourd’hui, il faut projeter le métrage à son époque pour en apprécier plus particulièrement certaines finesses et reconnaître les évidentes qualités narratives et visuelles de l’ensemble. En effet, si la phase de mise en situation peut paraître quelque peu longuette, ce temps nécessaire permet au spectateur de bien s’imprégner des différents personnages, rendant ainsi leur mort tour à tour plutôt douloureuse ou jouissive. Contrairement à bon nombre de slashers, les victimes ne sont pas que de jeunes adultes adeptes de
la fornication et de la fumette, puisque même des gamins périssent sous les coups de cisaille du meurtrier qui n’épargne ainsi personne. Belle revanche Tony Maylam sur le politiquement correct...
Mais l’un des principaux intérêts du film réside bien sûr dans les séquences débouchant sur un meurtre (qui ne font d’ailleurs pas de fausse pudeur en n’hésitant pas à montrer la nudité des actrices). Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces situations sont orchestrées de façon magistrale, grâce à une utilisation judicieuse de la caméra subjective, l’apparition surprise du tueur et bien entendu les effets sanglants appuyés, entre égorgements, doigts sectionnés et autres plaies causées par cette cisaille déjà très graphique.
En plus, l’interprétation est plutôt convaincante, avec de jeunes interprètes crédibles et concernés par leur rôle. Les effets spéciaux, œuvre de Tom Savini, alors dans sa grande période gore, sont tout simplement incroyables de réalisme (la cisaille plantée dans une gorge, par exemple) et deviennent pour certains carrément cultes (la séquence du radeau).
En définitive, ce The burning mérite plus que largement d’être (re)découvert, ne serait-ce que pour son efficacité et sa générosité en matière d’effets sanglants !

Coup de coeur !
Coup de coeur !j ai vu des gens au bord de la crise de nerfs tant le suspense est enorme
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