Un jeune couple part en vacances dans une maison isolée en banlieue. Aussitôt, ils deviennent la cible de trois assaillants masqués qui les terrorisent...
Ecrit et mis en scène par un illustre inconnu, The Strangers renoue avec le thriller old school en évitant toute surenchère stylistique ou les effets gores grand-guignolesques. Un peu de calme, d’humilité et de retenue ne font pas de mal dans le monde bien souvent trop agité du thriller horrifique.
Après la fête de mariage d’un couple d’amis, Kristen McKay et James Hoyt se rendent dans leur maison de campagne pour y finir la soirée en tête à tête. Au milieu de la nuit, une femme frappe à leur porte. Elle semble s’être trompée d’habitation. Mais un peu plus tard, d’autres coups retentissent et bientôt, trois étrangers masqués pénètrent insidieusement dans la demeure. Harcelés et pris en otage, le couple tentera l’impossible pour rester en vie jusqu’à l’aube…
Exit le gore et la surenchère d’un Saw, à la poubelle le craspec et la tripaille d’Hostel, The Strangers décrit de manière âpre et réaliste un fait divers où un couple se fait harceler par un trio d’inconnus masqués. Et c’est tout, l’histoire ne va pas plus loin ! Avec sa maison isolée et sa poignée de comédiens, Bryan Bertino parvient pourtant à nous tenir en haleine durant une petite heure vingt angoissante à souhait. En évitant le gore, les CGI et les meurtres à répétitions, le film provoque de façon très convaincante chez le spectateur cette peur de l’inconnu. « Et si cela m’arrivait un jour ? » « Si une bande d’inconnus pénétrait chez moi pour jouer avec mes nerfs avant de me tuer moi et mes proches ? » Le film nous le rappelle dès le début : chaque année, un nombre important de personnes se font harceler et exécuter par des malades. Pourquoi ces maniaques agissent-ils ? Quelle pathologie ont-ils en eux pour agir de la sorte ? The Strangers n’en a cure de ces questionnements, l’identité et les motivations des meurtriers ne seront jamais dévoilées. Cela existe, un point c’est tout.
On pense beaucoup au Halloween de Carpenter à la vision de The Strangers. En tête, les inquiétants masques portés par les tueurs, bien entendu, mais aussi et surtout leurs agissements. Surgissant dans l’ombre de leurs victimes, émergeant de l’obscurité d’une pièce ou prostré dans le jardin, ils errent autour de leurs victimes tels des fantômes. Impossible de leur échapper et, bien souvent de ce genre de situations extrêmes, les proies paniquent et aggravent la situation par des agissements pas toujours très finauds. Plutôt convaincants dans des prestations qu’on imagine éprouvantes, Liv Tyler (Le Seigneur des anneaux) et Scott Speedman (Underworld) forment à l’écran un couple chargé de contradictions à cent mille lieues des sempiternels djeun’s crétins en quête de baise et de défonce. Un élément majeur qui permet au film de s’inscrire définitivement dans la catégorie des slashers pour adultes. Et puisqu’il y a fort à parier qu’il passe quasi inaperçu lors
de sa sortie en salle à cause de ce statut, espérons toutefois que le film remporte un petit succès lors de son exploitation en dvd, histoire qu’un réalisateur modeste et plein de bonnes intentions puisse se faire une petite place au sein d’une industrie cinématographique bouffée par les jump cuts et les mouvements de caméras épileptiques.
Derrière son tout petit scénario et son budget restreint, le premier long métrage de Bryan Bertino révèle une réelle envie de revenir à des méthodes classiques de mise en scène horrifique. Sombre, rude et diablement mystérieux, The Strangers trouve ses forces dans ses zones d’ombre, qu’elles soient visuelles (très belle photographie plongée à 95% dans la noirceur) ou narratives. Franchement, un peu de naturel et d’humilité, ça fait du bien de temps en temps.
Souvent annoncé, toujours reporté pour d’obscures raisons, The Strangers, première œuvre du jeune réalisateur Bryan Bertino, est enfin arrivé jusque chez nous, devancé d’une réputation plutôt flatteuse. Il faut dire que la présence de Liv Tyler, devenue plutôt rare depuis la saga Tolkien, a de quoi attirer plus d’un aficionado de la belle. Le sujet également est plutôt emballant avec cette histoire d’un couple réfugié dans une maison de campagne aux prises avec trois individus dangereux bien décidés à leur faire la peau.
Construit sur un scénario ultra classique, The Strangers devait dès lors se démarquer de ses concurrents du même genre devenus souvent cultissimes avec le temps comme Halloween, La Dernière maison sur la gauche ou The Devil’s Rejects. Ces œuvres dérangeantes inspirées de faits divers sordides et perverses qui inondent quotidiennement les pages des quotidiens à travers le monde. De ces histoires d’une violence gratuite et révoltante qui mettent à mal une certaine idée de l’innocence et de la candeur. James et Kristen sont beaux, riches et s’aiment. Dehors, trois psychopathes masqués souhaitent mettre un terme à cette vision du bonheur ostentatoire. C’est l’amour qu’on veut assassiner ou bien le statut social du couple ? Bertino n’y répondra pas, laissant le spectateur dans ses sentiments d’écoeurement et d’incompréhension face à l’horreur ainsi dévoilée.
D’un classicisme évident et reprenant tous les clichés inhérents au genre,
le réal fait pourtant preuve d’une maîtrise parfaite de l’action et de la tension. The Strangers est un film d’angoisse, un slasher seventies touch, qui met les nerfs à rude épreuve et plonge le spectateur dans l’isolement et la peur de cet Inconnu qui rôde. Parfois long et malgré des scènes trop anticipatives, ce huis clos arrive cependant à captiver son public jusqu’à la fin grâce aussi aux prestations sans faille de Liv Tyler et de Scott Speedman véritablement investis dans leur rôle.
Bryan Bertino n’invente donc rien et ne révolutionne pas comme un Rob Zombie en 2005 quand celui-ci n’hésita pas avec brio à sombrer dans le nihilisme et le jusqu’au-boutisme le plus bouleversant et le plus abject. Mais le réal connaît indéniablement ses classiques et nous emmène dans un cauchemar angoissant et efficace. Un strict minimum parfait et suffisant…
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