Critique de film

Elektra

"Elektra"
affiche du film

Depuis des temps immémoriaux, une lutte implacable oppose le Bien aux forces du Mal. À chaque nouvelle génération, le sort désigne comme arbitre de ces guerres une jeune orpheline qui apporte au camp de son choix sa pureté d'âme et ses inégalables talents de lutteuse. On l'appelle "Le Trésor", et chacun se la dispute âprement… Elektra est une tueuse légendaire dont les exploits ont fait le tour du monde. Son habileté, sa rigueur, son endurance et sa détermination en ont fait la plus parfaite des machines à tuer. Mais, pour avoir erré durant des années à la frontière indécise du Bien et du Mal, Elektra s'est condamnée à la solitude. Insomniaque, angoissée, perpétuellement sur le qui-vive, elle se contente désormais d'aligner les "contrats". Et lorsque son vieux "sensei", Stick, la bannit pour s'être détournée de la Voie, la jeune femme décide que sa prochaine mission sera la dernière. La tâche paraît, cette fois, d'une déroutante simplicité : liquider ses nouveaux voisins, Mark Miller et sa fille Abby, que poursuit la puissante et maléfique organisation ''La Main''. Pourtant, au moment de décocher la flèche fatale, le bras d'Elektra tremble pour la première fois, et quelque chose la retient d'accomplir ce geste familier. Impulsivement, la belle tueuse décide de sauver ses proies des attaques des Ninjas de ''La Main'' et de leur jeune chef, Kirigi. Une étroite complicité naît bientôt entre Elektra et la jeune Abby. Transformée, rachetée malgré elle, Elektra ira jusqu'au bout pour sauver la vie de cette mystérieuse adolescente qui lui ressemble tant… et qui deviendra peut-être un jour le Trésor.

Les critiques à propos de ce film

Critique de Elektra - Spin-bof
Par : Damien
Tags : Super-héros

Après avoir été grièvement blessée, Elektra devient un des plus habiles (et charmants) assassins qui soit. Et pour se faire la main, la belle et pulpeuse meurtrière, combat … la Main, un gang extrêmement bien organisé qui tente par tous les moyens d’exécuter la fille et son père qu’Elektra a pris sous sa protection…

A peine le tournage de Daredevil entamé qu’il était déjà convenu qu’un spin-off ait lieu à propos d’Elektra, la sauvageonne guerrière incarnée par Jennifer Garner. A cela, deux soucis majeurs : Daredevil est loin de faire éclater le box-office, s’en sortant tout juste avec les honneurs et, plus grave, la pauvre Elektra se meurt sur le toit d’un immeuble touchée par les projectiles de l’habile Tireur. Double objectif pour les producteurs qui doivent trouver un moyen de ressusciter la pauvre victime et la transformer en une icône plus charismatique que le vengeur aveugle capoté.

Changement de ligne de conduite avec l’abandon quasi intégral du scénar de Johnson provoquant la (re)naissance de l’héroïne sous de meilleures auspices. Débarrassée de cette inconfortable tenue moulante en cuir, Elektra revient à ses premières amours en arborant le costume rouge conventionnel qui fit sa gloire dans le comic où elle fit une entrée remarquée dès 1979 avec Frank Miller, appelé à la rescousse pour rehausser l’intérêt d’un filon en décrépitude. Côté mise en scène, l’intégration de Rob Bowman, responsable du peu aguicheur mais relativement fidèle X-files et du visuellement séduisant Règne du feu, ramène un peu d’espoir à des geeks soulés par le montage chiadé et les frasques bullet-time du métrage de Johnson.

Plus pragmatique, Bowman adopte une mise en scène souvent antagoniste à celle de son prédécesseur, atténuant la frénésie des scènes d’action (pourtant principale attraction du métrage) et faisant se succéder aux combats des séquences intimistes d’une mièvrerie encombrante. Pire, le réalisateur ne tire jamais le meilleur des bonnes idées mises en place (le côté obscur de son anti-héroïne, les vilains aux pouvoirs diversifiés) et ne s’emploie qu’à reproduire bien souvent les poncifs incontournables en les intégrant çà et là au sein de son intrigue insipide. Où est passée la verve des premières minutes du film qui mettaient en ostentation une femme torturée, sans cesse sur le fil, tanguant entre les aspects pécuniaire et moral de ses missions ? Ne profitant que peu de cette opportunité, Elektra claudique à l’image de son héroïne qui éprouve bien des difficultés à se maintenir en équilibre devant tant de tangage. Embrassant père et mère à l’issue de chaque combat, noyée sous les flash-back indigestes et peu révélateurs de son enfance, la brune cruelle se transforme rapidement en une figure clichesque du cœur rocailleux capable d’émotions, éceuil habituel des productions super-héroïques.

Elektra ou le film d’apprenti-héros par excellence. Possédant des pouvoirs insoupçonnés (notamment dû au retour vers l’œuvre de Miller), le métrage préfère se vautrer lamentablement en dotant son personnage d’une personnalité affligeante tout en la simplifiant au maximum (délicat contraste). Malgré la bonne interprétation d’une Jennifer Alias Garner certes bien entraînée aux troubles de la personnalité… Quel gâchis !


Oeuvres liées :

Daredevil (2003)

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