Critique de film

Zombie diaries (The)

"The Zombie diaries"
affiche du film

Au début du 21e siècle, un virus inconnu se répand sur toute la planète. En quelques semaines, il contamine la population, des plus petits villages aux grandes villes. Après la mort du porteur, le virus transforme ses victimes en morts-vivants. Ainsi commence le voyage dans le monde de Zombie Diaries. Cette expérience sera racontée à travers trois histoires parallèles. Tout d’abord, une équipe de reporters traverse le pays pour réaliser un documentaire sur le phénomène. Ils finissent par être confrontés au virus de plus près qu’ils n’auraient pu l’espérer. Puis, c’est l’histoire d’un couple fuyant Londres, qui prend un auto-stoppeur mystérieux à travers les villes désertes et ravagées par le virus, ignorant les dangers qui les attendent. Enfin, un groupe de survivants se sauve des villes pour chercher un refuge. Croyant être protégés dans une ancienne ferme de campagne, ils se retrouvent assiégés par les créatures qui les attaquent au milieu de la nuit.

Les critiques à propos de ce film

Critique de The zombie diaries - Fait divers
Par : Damien
Tags : Zombies, Type documentaire

Début du 21ème siècle, un virus inconnu s’est développé en Asie pour finalement gagner petit à petit le reste du monde. Les contaminés meurent quelques instants après pour se réveiller de plus belle, attaquant les pauvres humains afin de dévorer leur chair moelleuse. Cette invasion apocalyptique est vue à travers trois journaux différents, fragments vidéo retrouvés mettant en scène ces attaques violentes…

Désireux de se lancer dans le cinoche indépendant, le néophyte Michael Bartlett se lance sans bagages dans le monde très fermé du cinéma contactant pour l’occasion quelques cinéastes indie anglais afin de leur faire part de son projet. Après quelques mails échangés avec Kevin Gates qui vient juste de bosser sur The Unseen, un projet de court-métrage est mis sur les rails, sorte de croisement entre Le projet Blair witch et un zombie flick. A l’arrivée, un long-métrage qui se révèle effectivement bâtard de ces deux influences à tel point que la comparaison avec le Diary of the Dead de Romero devient inévitable. Un parallèle au raccourci trop simpliste tant les deux œuvres diffèrent dans l’utilisation des personnages et dans le message explicitement délivré même si les deux oeuvres se rejoignent dans la description d’un monde apocalyptique et dans leur manière d’utiliser le style documentaire récemment revenu à la mode avec de nombreuses péloches qui envahirent les écrans telles que Rec ou Cloverfield.

En guise de rupture avec ce style documentaire amateur, le tandem décide de morceler le métrage en trois historiettes définissant temporellement les grandes étapes de l’invasion zombiesque, de ses prémisses à l’agonie en effeuillant peu à peu les minces espoirs de survie qui restaient dans les rangs des victimes. Un découpage qui s’avère fatal car, si le premier segment met en haleine en utilisant quelques ruses astucieuses, se rapprochant pour le coup des exemples précités, le reste sent peu à peu le réchauffé en raison des répétitions incessantes de situations similaires d’un segment à l’autre. Scénario minimaliste au même titre que le message distillé, en accord avec le genre zombiesque instauré depuis le génie de Pittsburgh, puisque les réals optent pour l’habituel credo déjà effleuré lors du premier volet de la franchise romérienne à l’égard des hominidés et de leur comportement plus atroce que celui des morts-vivants qui agissent, eux, par instinct et non par vengeance. Centré sur les personnages au détriment des undeads, The zombie diaries colmate comme il peut le budget anémique dont il dispose et n’offre à cet égard que de trop rares confrontations entre créatures zombiesques et humains, choisissant du coup de se situer davantage dans la fable moralisatrice avec une toile de fond horrifique que dans le flick pur et dur qui légitime ses lacunes scénaristiques au moyen du manque budgétaire et des impératifs du tournage.

Contrairement au minutieux journal romérien, The zombie diaries fait office de fait divers à la limite du commérage. Comblant les incohérences de sa mise en scène (y a des moments où on se demande qui filme) par le biais d’un anthropocentrisme saisissant, le métrage souffre pourtant d’un cruel manque de rythme imputable au morcèlement inutile de son intrigue et d’une dimension horrifique trop peu enlevée.


Critique de The Zombies Diaries - The talented Mr Zombie
Par : Gore Sliclez

Un an avant le Diary of the Dead de Romero, deux jeunes réalisateurs anglais décident d’aborder le film de zombie sous l’apparence d’un documentaire réalisé en plein chaos pandémique. On suit ainsi respectivement le destin de trois groupes d’individus confrontés à des hordes de zombies infectés par un virus ressemblant furieusement à une version évolutive et extrême de la grippe aviaire. Version contemporaine donc du mythe des mort-vivants, abandonnant le nucléaire pour le virus des années 2000.

Filmé caméra à l’épaule, le film montre une image brouillonne et nerveuse voire nauséeuse avec ces mouvements maladroits, ces soubresauts continus inhérents aux courses effrénées et tout en panique de nos héros malheureux. Dans l’obscurité d’une chambre, l’apparition dantesque d’une zombie aux yeux révulsés immerge alors les protagonistes dans un réalisme remarquablement entretenu par les deux réals avec une simplicité et une économie de moyens qui raviraient n’importe quel producteur un poil radin. Rue vide, journaux au sol par milliers, une boutique un peu bordélique, un ordinateur cassé laissé là pour accentuer le côté abandonné du magasin et vous avez une impression apocalyptique convaincante et peu onéreuse.

Malgré ces nombreux artifices simplistes le film ne vire jamais dans le misérabilisme pour autant, mieux il dégage une réelle atmosphère tendue et effrayante tout ce qu’il y a de plus persuasive. Même les maquillages gore sont plutôt bien réussis malgré les démarches un peu ridicules de mort-vivants semblant plus avoir fait la teuf toute la nuit que préparé leur rôles figuratifs avec sérieux. Des figurants peu crédibles qui ne viennent cependant pas ternir les interprétations très convaincantes et sérieuses de jeunes acteurs décidément très motivés dans leur projet commun.

Mais alors que le spectateur s’imagine assister à un éternel film classique et honnête de zombies, un twist final vient chambouler astucieusement le déroulement de l’intrigue en annexant à cette œuvre initiale un slasher sordide qu’un Wes Craven de la grande époque n’aurait pas renié. Qui est le véritable monstre ? Géniale trouvaille, totalement assurée, qui vient compléter un métrage plutôt mature…

Une telle maîtrise filmique du scénario et du montage frôle le respect pour une équipe de jeunes amateurs décidément bien culottée et talentueuse qui mérite le détour et le coup d’œil. Un film indie coup de cœur…


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