Critique de film

Boardinghouse

"Boardinghouse"
affiche du film

James Royce vient d’hériter d’une superbe maison en Californie et décide aussitôt de transformer cette dernière en pension pour jeunes filles célibataires et peu farouches. Une fois toutes les chambres occupées, James se retrouve entouré d’un véritable harem constitué des plus belles filles de la région. Sexe, fête et farniente sont alors les principaux divertissements des nouveaux pensionnaires encore inconscients de la terrible menace qui rôde autour d’eux car quelque chose de maléfique vit dans cette maison… quelque chose qui ne reculera devant rien pour faire couler le sang…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Boardinghouse - L’affaire Wintergate
Par : Damien

James Royce a du pot. Suite au décès de son oncle, il hérite d’une énorme baraque en Californie et, n’écoutant que son grand cœur (et un peu aussi son deuxième cerveau, uniquement en fonction chez les mâles, qui se situe à l’exact confluent des deux gambettes), James décide de transformer l’endroit en pension de famille pour jeunes filles belles à fortes poitrines qui pourront allègrement se reposer dans une chambre personnalisée et se prélasser aux abords de la piscine pour la modique somme mensuelle de cent dollars. Mais, une étrange ombre aux pouvoirs télékinésiques rôde autour de l’hôtel de passe afin d’empiler les cadavres…

Réalisé en 1982 par John Wintergate, Boardinghouse repose sur un procédé avancé comme révolutionnaire appelé Horror vision. En quoi consiste réellement ce procédé ? En une série d’effets s’approchant visuellement du 3D sans pour autant que les spectateurs ne s’affublent de ces paires de lunettes ridicules aux montures proches des plus belles besicles de Nana Mouskouri. Jeux d’ombres, silhouette inquiétante en premier-plan, shakycam illisible, tout est mis en place pour provoquer chez le spectateur effroi et affolement. Bien que, pour épargner un peu ce trop-plein d’émotions et afin de ne pas susciter des arrêtes cardiaques chez les vieillards lubriques bouleversés entre deux scènes de cul, une jolie main gantée vient prévenir de la venue d’une séquence légèrement plus trash. Pour sympathique qu’il soit, sorte d’élucubration d’un William Castle des vieux jours, le procédé n’en est pas pour autant révolutionnaire et, soyons francs, il est assez loin d’être séduisant.

Incapable de calfeutrer à lui seul les lacunes filmiques et scénaristiques de l’entreprise. Filmé en vidéo dans la baraque d’un pote, Boardinghouse incorpore un casting amateur (Wintergate doit lui-même cumuler deux personnages dont celui du héros et s’occuper de la réalisation) composé de bombasses pas toujours attirantes et de machos patentés uniquement intéressés par le fric et les nibards. Histoire conventionnelle empreinte d’un chouya de métaphysique (la télékinésie qui permet de faire bouger des savons dans son bain, wouah !) qui devient rapidement aussi lisse qu’incompréhensible en raison d’un remontage foutraque collant parfaitement à l’aura ovniesque de cette pièce cultissime. Car, à l’instar des urinoirs de Marcel Duchamp qui trouvaient autant de détracteurs que d’admirateurs, Boardinghouse compte une foule de fanas qui s’éclatent sans vergogne devant ce joujou prétendument interactif avec des potes bourrés à la Heineken. Alors, pour se consoler, ces aficionados courageux se repassent en boucle certaines scènes goresques légitimant la très très longue durée de cette création hors du temps : une main coincée dans une broyeuse, un gars qui s’arrache les yeux et, surtout, cerise sur le gâteau, une nana qui sort de sa douche affublée d’une tête de cochon, séquence aussi hilarante que peu efficace, des effets tellement lourdingue qu’on jurerait qu’ils ont été fabriqués de toutes pièces par Roger Savini, le petit-neveu de Tom.

Que reste-t-il après effeuillage des innombrables défauts ? Ben, de jolis corps qui se pâment le long d’une piscine en maillot de bain et quelques élucubrations échevelées qui amènent fous rires et amusement à défaut de susciter stupeur et tremblements.


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