Critique de film

Homme sans âge (L')

"Youth Without Youth"
affiche du film

1938, en Roumanie. Dominic Matei, un vieux professeur de linguistique, est frappé par la foudre et rajeunit miraculeusement. Ses facultés mentales décuplées, il s'attelle enfin à l'oeuvre de sa vie : une recherche sur les origines du langage. Mais son cas attire les espions de tout bord : nazis en quête d'expériences scientifiques, agents américains qui cherchent à recruter de nouveaux cerveaux. Dominic Matei n'a d'autre choix que de fuir, de pays en pays, d'identité en identité. Au cours de son périple, il va retrouver son amour de toujours, ou peut-être une femme qui lui ressemble étrangement... Elle pourrait être la clé même de ses recherches. A moins qu'il soit obligé de la perdre une seconde fois.

Les critiques à propos de ce film

Critique de L’Homme sans âge - ... et sans reproche ?
Par : Gore Sliclez

Il est loin le temps où Francis Ford Coppola cumulait les réussites cinématographiques (à défaut d’être toujours commerciales) année après année essentiellement durant la décennie eighties. Quelques films devenus de véritables gouffres financiers ont eu raison de ses ambitions et de sa mégalomanie notoire, l’obligeant à accepter des films de commande jugés mineurs en rapport au génie du réal mais nécessaires pour renflouer les caisses des grandes maisons de production qu’il faillit couler bel et bien par ses projets pharaoniques. Si Dracula en 1992 contribua grandement à résorber en partie ses soucis financiers, il préféra avec prudence se lancer alors dans la production avec beaucoup de réussite essentiellement pour mener à bien les œuvres de sa fille Sofia avec les résultats que l’on connaît (Virgin Suicides notamment).

Mais l’homme n’a pas abandonné pour autant sa passion première et en 2007 le réalisateur culte d’Apocalypse Now et du Parrain veut se faire plaisir et se lance alors dans un projet modeste et personnel avec une adaptation d’une nouvelle de Mircea Eliade, ce philosophe et historien roumain au passé trouble (une période antisémite de sa vie resta longtemps comme une tache indélébile sur son CV) qui parlait couramment huit langues et fut considéré comme un des fondateurs de l’histoire moderne des religions.

Autant dire que l’adaptation d’une de ses oeuvres s’apparenta d’emblée comme une véritable gageure pour le réalisateur new-yorkais. L’histoire raconte la vie du professeur Dominic Matei, spécialiste des langues anciennes et des religions (un portrait autobiographique en somme de la part de l’écrivain) qui fut frappé par la foudre à l’âge de septante ans. Terriblement brûlé et alors qu’il est jugé condamné par les médecins, étrangement l’homme survit et mieux... rajeunit ! De nouvelles dents apparaissent et chasse les autres, ses cheveux repoussent et ses rides disparaissent. Dominic a maintenant retrouvé l’allure de ses quarante ans et connaît malgré lui la renommée à travers le monde.

Lui qui n’a eu d’autre but dans sa vie que de retrouver le langage humain d’origine (protolangage) au risque de perdre l’amour de sa vie, le voici désormais nanti d’une mémoire phénoménale qui lui permet de connaître toutes les langues anciennes et de lire un livre par simple imposition des mains. Dominic va braver la Roumanie nazie en se réfugiant en Suisse, pays où il redécouvre l’amour en la personne de Veronica, elle aussi frappée par la foudre et recevant le don de métempsychose. Ses crises mystiques lui permettent de se rapprocher de plus en plus vers la langue originelle mais aussi de sa propre mort. Au contraire de son amour, Veronica vieillit très vite, trop vite... Un amour impossible aussi passionnel que son Dracula mais qui sert de délicieux prétexte à une œuvre décidément complexe en raison de son côté métaphysique et onirique que l’on retrouve dans de nombreuses scènes du film. Et notamment via un double surgit du subconscient de Dominic qui entretient des dialogues existentialistes avec notre héros tout le long du métrage. L’adaptation est donc difficile (comment pourrait-il en être autrement ?) et laissera plus d’un spectateur dubitatif ou complètement largué disons-le.

On peut comprendre l’intérêt de Coppola de présenter l’histoire d’un homme voué totalement à sa passion, ses recherches pour découvrir une ou des vérités originelles, nous plongeant ainsi dans le mystère de nos origines et de la notion du sacré cher au philosophe roumain. Malheureusement, le sujet est trop ambitieux, trop délicat que pour être transposé sur pellicule et le résultat s’apparente à un film brouillon, d’un classicisme sans surprise, qui jamais ne s’élève et ne se transcende suffisamment que pour toucher l’intérêt du spectateur. Il y a bien quelques escarmouches scénaristiques et une atmosphère envoûtante qui réussit quelques fois à réveiller l’intérêt mais seule la photographie somptueuse une nouvelle fois du maître américain et l’interprétation magistrale d’un Tim Roth tellement charismatique parviennent à entretenir l’illusion. Reste une love story émouvante, sobre mais passionnelle, au-delà du temps et de la réalité humaine qui nous surprend par sa beauté romanesque autant que photographique.

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



News

Database



Récentes critiques

affiche du film
Fantastic Mister Fox
2009
affiche du film
Kinatay
2009
affiche du film
Killer movie
2008
affiche du film
Livre d'Eli (Le)
2010
affiche du film
Volcano
1997
affiche du film
Kaw
2006
affiche du film
Maitresses du Dr Jekyll (Les)
1964
affiche du film
Town creek
2009
affiche du film
Lesbian vampire killers
2009
affiche du film
Queens of Langkasuka
2008

Newsletter

Newsletter publique
Pour recevoir les dernières nouvelles du site, abonnez-vous à la newsletter !

Forum

Forum

Nuage de tags

Suivez-nous sur

twitter Twitter
facebook Facebook
myspace MySpace

Statistiques

Ce site compte actuellement :

  • 2032 critiques de film
  • 21 chroniqueurs
  • 2449 commentaires