Un astronome découvre une planète morte qui file droit vers la Terre. Car il n'y a aucun moyen d'empêcher la collision, un pilote et un astronome sont chargés de construire puis de piloter un vaisseau spatial capable d'embarquer une poignée d'humains rigoureusement sélectionnés vers une autre planète.
Un astronaute découvre qu’une planète morte file droit vers la Terre et risque de la détruire lors de son passage. La réunion mondiale des chefs d’état et d’un aréopage impressionnant d’hommes de science n’y change rien : riant aux éclats devant les nouvelles inventions farfelues de prétendus spécialistes, chacun repart dans sa verte vallée sans se soucier de ces élucubrations infantiles. Pourtant, le choc est imminent et inévitable. Dans l’urgence, le docteur Hendron suggère de fabriquer, en dernier recours, une fusée capable d’atteindre Bellus, astre qui deviendra un satellite terrestre non sans avoir préalablement provoqué raz-de-marée et tremblements de terre. Cette nouvelle arche
contiendra un maximum de 40 personnes qui seront ensuite chargés de pérenniser le genre humain sur la nouvelle planète…
Inscrit dans la grande tradition du film apocalyptique, devenu très à la mode à la fin du second conflit mondial et au début de la guerre froide, Le Choc des mondes dresse un tableau froid et pessimiste de l’avenir de l’humanité, en phase avec le traumatisme post-45 et la paranoïa naissante à l’aube du conflit américano-russe. Le film est une adaptation du livre éponyme (« When worlds collide ») écrit par Edwin Balmer et Philip Wylie. Les auteurs s’inspiraient fortement, au moment de bâtir leur intrigue, des chapitres bibliques décrivant l’Apocalypse et le déluge auquel dut faire face Noé. Conservant cette origine religieuse, Rudolph Maté entame et clôt son métrage par un plan de la Sainte Bible, qui, outre l’allusion très nette à l’Arche de Noé, constituera la seule évocation théologique.
Plus pragmatique, l’œuvre gravite continuellement autour de l’humanité et de son avenir plus qu’incertain. Bien que rangé dans le genre film-catastrophe (autant que dans celui de la science-fiction), Le choc des mondes n’offre que peu d’images de l’apocalypse annoncée, à l’exception de quelques plans réalistes de métropoles inondées ou de volcans en irruption, généralement sous la forme de stock-shots glissés au montage. Le cinéaste préfère créer avant tout un drame humain et se concentre pour ce faire sur la destinée d’un petit groupe d’hommes (un scientifique, sa fille, son amant, un millionnaire acariâtre et un pilote), microcosme représentatif à l’aune duquel est mesurée l’humanité toute entière. La raison est autant narrative que budgétaire : la Paramount, après avoir refusé une première approche de George Pal, n’accepte de tenter l’aventure que suite à la réussite financière de Destination Lune (également produit par Pal) et espère engranger un
score relativement aussi élevé sans dépenser outre-mesure. Un budget honorable en poche (près d’un million de dollars), Pal, en grand faiseur de spectacle, insiste pour que le casting soit modeste, ce qui lui permet d’investir davantage dans les effets visuels de l’œuvre, signés entre autres par Wolff et Jennings, deux artisans qui travailleront ensuite sur La Guerre des mondes (toujours produit par la Paramount et George Pal).
Malgré une fin réalisée à l’emporte-pièces (les peintures stylisées représentant Bellus font tache) et quelque peu abrupte (le bouquin préconisait l’exploration de la planète), Le choc des mondes constitue un divertissement réjouissant qui contient quelques scènes visuellement sensationnelles (il obtient d’ailleurs l’Oscar des Meilleurs effets spéciaux). Une belle lecture de l’apocalypse qui s’est affranchie de ses atours religieux pour ne conserver que la dimension ontologique, que Maté prend soin de soutenir continuellement au travers de vrais enjeux (même les amourettes ne sont jamais ennuyeuses, c’est dire !).
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