Critique de film

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XX

"XX"
affiche du film

Une anthologie de courts métrages horrifiques, réalisés et interprétés par des femmes.

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Trailer - XX (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de XX - Florilège parfumé
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2017

Décidément, cette 35ème cuvée de BIFFF aura décidé de lutter contre les inégalités. Non pas en pratiquant des prix plus démocratiques mais en portant au pinacle le sexe dit faible et en conviant l’assistance à diminuer les réflexions misogynes de rigueur sitôt qu’une jolie donzelle pénètre sur scène ("A pooooil" donc). Ultime coup de lustre pour un girl power requinqué par la convocation de cinq femmes pour la composition du jury international, l’anthologie horrifique XX présentée en clôture de la deuxième salle est une oeuvre oestrogénée à outrance. Composée de cinq segments tous réalisés par des femmes, elle colle en plus unilatéralement aux basques de représentantes féminines en proie à l’étrangeté, à l’inexplicable voire à l’horreur pure.

La première partie, The Box, signée Jovanka Vuckovic d’après l’adaptation d’une nouvelle de Jack Ketchum (The Girl Next Door), pénètre dans le quotidien d’une famille lambda bouleversé par un événement anecdotique. Danny, le jeune gamin, par excès de curiosité, a jeté un œil au contenu d’une mystérieuse boîte appartenant à un inconnu dans le métro et refuse depuis de s’alimenter. Peu à peu, ce comportement inquiète les parents en même temps que la contamination gagne la famille. A partir de rien, la réalisatrice crée le malaise, entraîne ses personnages et le public dans un cauchemar qui ne s’encombre d’aucune bienséance puisqu’elle gangrène le premier lieu de confort et s’attaque en outre à l’innocence même. Dans un style beaucoup plus léger, le deuxième segment, The Birthday Cake, mis en scène par la compositrice Annie Clark dépeint une situation caustico-burlesque puisqu’elle suit Mary qui tente de planquer le cadavre de son époux pour ne pas gâcher la fête d’anniversaire de sa fille. Aussi loufoque qu’anecdotique ce segment est incontestablement le plus faible de l’ensemble.

En guise de plat de résistance, un petit morceau classique avec Don’t Fall de Roxanne Benjamin, productrice des anthologies V/H/S et Southbound. Quatre amis partis faire de la randonnée en plein désert tombent sur une grotte dont les murs sont remplis de peintures représentant un ancien démon qui ne tarde pas à faire son apparition et à éliminer l’un après l’autre les touristes qui ont profané son antre. Hormis le look de la créature et une petite effusion d’hémoglobine, rien de bien neuf à se mettre sous la dent. Le dessert s’avère un peu plus savoureux : Her Only Living Son, réalisé par Karyn Kusama (Jennifer’s Body, The Invitation) secoue à son tour le cocotier familial en s’intéressant à un noyau des plus restreint, constitué d’une mère et de son fils rebelle. Dérangeant, ce dernier segment entretient l’étrangeté en rendant floues les relations qu’entretiennent la mère et le rejeton avant de délivrer les clés dans un dernier acte plutôt moyen.

Forcément inégal comme la plupart des anthologies, XX passe sans vergogne du malsain au cocasse, de l’épouvante à la comédie, poussant le spectateur dans le malaise avant de le battre froid avec un changement de ton à 180 degrés.


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