Critique de film

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Ça

"It"
affiche du film

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s'intégrer se sont regroupés au sein du "Club des Ratés". Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l'école. Ils ont aussi en commun d'avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu'ils appellent "Ça"… Car depuis toujours, Derry est en proie à une créature qui émerge des égouts tous les 27 ans pour se nourrir des terreurs de ses victimes de choix : les enfants. Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu'un petit garçon poursuivant son bateau en papier s'est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou …

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Trailer - Ca (2017)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Ca - Clown triste
Par : Seb Lecocq

Impossible de passer au travers de Ça, la nouvelle adaptation du chef-d’œuvre de Stephen King, qui envahit les écrans du monde entier avec comme but avoué de flotter sur les hauteurs du box-office. C’est la première fois que les appétits du triste sire peinturluré, Grippe-Sou sont transposés pour le grand écran, la précédente et très estimable version de Tommy Lee Wallace avait été pensée sous forme de mini-série pour la télévision. La genèse de ces deux adaptations est révélatrice changement de paradigme entre ces deux médias. Dans les années 90, les metteurs en scène de cinéma passaient à la télévision pour les projets ambitieux, en 2017, les jeunes loups de la télévision se voient confiés des projets d’envergure au cinéma. Changement d’époque, changement de mœurs. Pour contredire Jean-Luc Godard, aujourd’hui, quand on regarde la télévision, on lève désormais la tête.

Diligentée par Cory Fukunaga, rendu hyper bankable grâce à True Detective, cette nouvelle adaptation du texte de King mise en image par Andy Muschietti, opte pour la solution de facilité en basant l’intrigue de son premier film, celui qui est là pour amener le public, uniquement sur l’histoire des enfants, probablement afin de mieux surfer sur la vague Stranger Things. Un choix qui peut se comprendre car ces séquences constituent les meilleures, enfin les plus attractives de l’histoire. On nage dès les premières images en plein Amblin revival : des enfants seuls dans leur chambre sans l’ombre d’un parent, une petite ville de banlieue américaine et une photographie qui retranscrit parfaitement les lumières de l’époque. Nous voilà revenus en plein milieu des années 80. Il est d’ailleurs intéressant de constater que les rares parents présents dans le film sont toujours montrés de manière négative puisqu’ils n’interviennent que pour gronder, mentir, rabaisser voire bien pire encore, une manière de porter toute l’attention et l’empathie sur le Loser Club. Quelque part, les parents sont aussi Ça. L’affronter, c’est affronter ses propres parents et donc devenir adulte soi-même.

Ça est un très beau produit, parfaitement emballé, joliment mis en scène, photographié, très bien investi par une attachante bande de jeunes qui récitent des dialogues qui font mouche (mention spéciale aux vannes de Richie). Cependant, il manque dans cet ensemble a priori appétissant quelque chose de crucial, un esprit, une âme, cette chose indéfinissable qui se dégage d’un film, qui va faire qu’on va s’y jeter corps et biens. Ici, on suit toute cette histoire très attentivement mais sans vraiment s’y investir. A l’instar de son méchant, le film n’est pas suffisamment habité que pour nous attirer et nous donner l’envie de flotter à ses côtés. On regarde Ça, on ne le vit pas, ce qui pour un film d’horreur est relativement fâcheux. La peur, pourtant au centre du récit, n’est jamais présente, pas le moindre frisson d’angoisse ou sursaut de stupeur pour venir nous faire dresser le poil ou refroidir l’échine. Grippe-Sou a beau se démener, plus que jamais, sa présence ne suscite pas l’angoisse ou le malaise comme pouvait le faire celle de Tim Curry. Cela tient en la présence du comédien mais aussi dans les actes du clown. Muschietti semble vouloir trop en faire, trop en montrer et ce faisant, il bride l’imagination qui est pourtant la chose la plus effrayante qui soit. Ce que l’on imagine est souvent bien plus flippant que ce que l’on voit. Et ici, on voit beaucoup trop les simagrées du clown.

Malgré cette absence de peur, de terreur, de tout ce qui fait le sel du cinéma d’horreur, le film de Muschietti n’en reste pas moins un objet filmique très plaisant à regarder qui glisse tout seul sous les rétines sans trop bousculer le spectateur. Il est difficile de le détester tant les bonnes intentions sont présentes, un peu trop affichées même, et le casting rafraîchissant. La bande des ratés porte une bonne part du succès du film sur ses épaules. Techniquement, Ça cuvée 2017 est à l’avenant tant il semble avoir été tourné à l’époque des faits, on notera un grand nombre de références aux glorieuses années 80 telles que les posters de Gremlins et Beeteljuice dans la chambre de Bill et Georgie ou une blague de Richie sur Molly Ringwald même si c’est d’Ally Sheedy qu’on était tous amoureux. On ne peut nier l’excellent travail graphique qui a été réalisé. Il n’empêche qu’un sentiment de platitude s’empare de l’ensemble comme si on regardait des cartes postales de Derry plutôt que de vivre à Derry.

Bilan mitigé pour le retour du plus effrayant des clowns. L’adaptation de King est bonne, tout est là mais sans vraiment exister. En scindant le film en deux parties distinctes, on perd une partie de la profondeur de l’œuvre d’origine. Les allers et retours entre les deux époques assurait un rythme différent et mettait en parallèle les situations et l’évolution des personnages qui s’étaient construits en tant qu’adultes sur les bases de leurs aventures d’enfance. Il n’en reste pas moins un film agréable, trop agréable que pour un récit d’horreur. Une œuvre aux odeurs de fête foraine : barba-papa, hot-dog et pop corn sucré, le tout sur un morceau d’Anthrax. C’est bien mais pas assez que pour donner envie de flotter.


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