De nos jours, aux Etats-Unis, une région de marais est polluée par une société de carburants. Les habitants sont en colère, mais ce n'est rien comparé à la colère de Man-Thing, le monstre difforme, mi homme mi plante, prêt à tout pour protéger la nature. Kyle Williams, le nouveau shérif, et Teri, sa charmante assistante, vont bientôt faire les frais du monstre végétal...
La firme Marvel, emballée par le succès tambour battant des X-men et autres Spider-man, décide de produire une adaptation cinématographique d’un comic book lancé dans les années 70 sous le nom de Man-Thing. Pour ce faire, un budget de 30 millions de billets verts et un réalisateur aux succès relatifs. Leonard a en effet à son compte une série de films dont le plus marquant reste l’ancien Cobaye, adaptation d’une
nouvelle de Stephen King. Le réalisateur n’est pas des plus prolifiques et prend les projets comme ils viennent, attendant patiemment qu’une boîte accepte de distribuer son nouveau film : Higlander : The source.
Censé être un film de monstres plutôt que de super-héros, Man-Thing n’est en fin de compte rien de plus qu’un thriller sur fond d’enquête policière. Nous suivons les avancées du shérif Kyle Williams dans son enquête et son adaptation à son nouveau milieu qu’est la ville de Bywater. Le film n’échappe pas à tous les stéréotypes habituels : un shérif assez autoritaire mais gentil et une flopée de méchants capitalistes qui font passer leurs idéaux financiers avant les prérogatives écologiques.
Ce qui en résulte est un homme-chose (on comprend pourquoi le film a conservé son titre original chez nous) qui massacre tous ceux qui osent s’aventurer dans le marais. La créature est assez bien réalisée et pourrait même paraître effrayante à certains moments. Malheureusement, celle-ci n’est que peu utilisée et on n’a le privilège de la voir qu’à la fin du métrage (durant les dix dernières minutes). Avant cela, le film ne résulte qu’en des promenades stériles dans les marais qui donnent lieu à des apparitions bien peu
impressionnantes et qui deviennent vite monotones.
Le métrage tourne en rond et Leonard n’a pas grand-chose à nous proposer hormis quelques rares éléments gores mais trop rapidement expédiés. Mis en scène par le biais d’une caméra fébrile, les acteurs ne sont pas non plus à la hauteur des ambitions. Dialogues convenus, prestations monocordes : la palette des acteurs est bien mince et ne suffit pas à donner du tonus à un film qui manque de mordant. M’en est témoin cette scène d’un ridicule sans nom où l’un des Thiebodeaux défèque dans le marais avant de se faire goulûment avaler.
Reste que la photographie est d’agréable facture avec ses teintes verdâtres qui contribuent à donner une ambiance effrayante dès que l’on s’approche du marais. Hormis cette idée sympathique, le reste du film ne consiste qu’à combler avant d’arriver à la scène finale tant attendue. Leonard aurait mieux fait, à l’instar de son métrage, de se mettre au vert et d’éviter de polluer nos écrans avec des bouses aussi flasques.
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