Critique de film

Mortuary

"Mortuary"
affiche du film

Une mère et ses deux enfants viennent prendre possession d'une ancienne morgue située en bordure d'un vieux cimetière réputé hanté. Ils vont rapidement se rendre compte que le Mal est tout proche d'émerger à nouveau...

Les critiques à propos de ce film

Critique de Mortuary - Une ambiance mortelle
Par : Damien

Alors que Tobe Hooper est censé être réputé en tant que maître de l’horreur, il ne signe ici qu’un triste divertissement de plus, même pas capable de nous tirer un seul frisson. Ce film n’est même pas une comédie fantastique (genre qui attire pourtant de nombreux fans). Si l’ensemble est risible et peut même amener certains sourires, le but de Tobe Hooper n’était pas celui-là. Il voulait en fait nous effrayer. Le problème est que, fort de deux films cultes bâtis au début de sa carrière (Poltergeist et Massacre à la tronçonneuse), Hooper croit toujours maîtriser ses sujets et nous a depuis gratifié de nombreux navets.

Le moralisme tacite dont fait preuve Hooper est en tous points dérangeant : les victimes participent toutes aux groupes dits associaux : un bad boy, sa petite amie un brin trop excitée, une bimbo et enfin un homosexuel. Le "politiquement correct" du réalisateur dégoûte et on se demande si, depuis ces fameuses années qui ont fait sa gloire (fin des années 70-début années 80), il a réellement évolué.

Mauvais, mauvais, mauvais !


Critique de Mortuary - Zombies ou limaces ? The salt is magic !
Par : Mae-Nak

Spontaneous Combustion, La presseuse diabolique, La danse des morts, Les forces obscures,…. Autant de titres qui auraient dû vous faire réfléchir ! Malgré tout, vous voulez vous procurer Mortuary ? Soit vous êtes masos, soit quelque chose ne tourne pas rond chez vous !

Chez moi non plus visiblement puisque, comme d’habitude, je me suis rué sur le dernier long métrage en date d’un Tobe Hooper toujours plus décevant ! Le réalisateur de Massacre à la tronçonneuse n’en finit plus de nous étonner dans le mauvais sens du terme.

Ce film atteint des profondeurs presque inégalées dans le petit monde des zombies (qui, pourtant, compte quelques métrages peu glorifiants) ! En effet, même si l’idée de départ n’est pas mauvaise, la multiplicité des clichés de base fait qu’on se retrouve dès les premières minutes face à du déjà vu : une maison qui fait office de funérarium et qui se situe près d’un cimetière, une légende sinistre à dormir debout et des ados boutonneux qui se tapent dessus ! Bref, pas de quoi fouetter un chat pour un ensemble qui s’annonce excessivement long !

Hooper use et abuse alors de scènes censées faire monter un suspens qui ne viendra guère ! Des ombres défilent en arrière plan tandis que la musique de Joseph Conlan tente tant bien que mal de nous procurer quelques frissons ! L’effet est bien évidemment raté et horripile le spectateur à cause de séquences bien mal emmenées et jamais terminées.

On dirait même qu’Hooper a eu peur d’être censuré car la dose de sang est proche de zéro dans une très grande partie du film ! On voit que les protagonistes vont tomber comme des mouches mais on change alors de plan pour passer du coq à l’âne et retrouver une situation paisible le lendemain matin… La catastrophe !

Il en va de même pour la physionomie de la maison (ou plutôt du funérarium de fortune) ! L’aspect extérieur n’est pas sans rappeler les maisons les plus classiques de films d’horreur : renforcée par des morceaux de bois vermoulus, on dirait que la construction vient de subir l’assaut de dizaines de tornades ! Le cliché est immense mais lorsque l’on rentre dans la bâtisse, on a clairement l’impression de changer d’univers ! Même si le tout est un peu crasseux, il n’a rien à voir avec l’aspect extérieur ! Hooper a sans doute voulu faire peur avec trois planches en bois disposées sur la façade, mais le minimum eût alors été de reproduire un intérieur tout aussi chaotique !

Au-delà de ces fautes de goût qui démontrent à elles seules que le réalisateur a perdu sa dernière once de talent, Mortuary est bâti sur…. RIEN DU TOUT ! Le scénario, signé des mains de Jace Anderson et Adam Gierasch (Wouaw ! Il faut se mettre à deux pour écrire une telle bouse ?!), est indigne d’une adaptation cinématographique ! La personnalité même des protagonistes est à remettre en question : deux filles droguées jusqu’à la moëlle, leur copain tout aussi perturbé du ciboulot, une serveuse belle comme….mes fesses, son copain homo et un ado boutonneux et bête au possible, voilà les deux groupes antagonistes qui auront à lutter (ou plutôt à se faire massacrer) par Bobby Fowler. Certes, le massacre de jeunes américains écervelés est dans l’air du temps (Hostel, Hostel 2, Turistas,…), mais est-ce réellement une raison pour nous servir de tels héros à deux balles ?

Le pire est encore à venir avec la manière dont on peut tuer les zombies : aspergez-les de sel et l’affaire est faite ! Ils ne viendront plus vous embêter ! C’est du lourd comme on dit ! Depuis les zombies-taupes qui ont peur de la lumière (dans L’abîme des morts-vivants, de Jess Franco), on n’avait plus vu pareille ineptie ! Hooper et ses acolytes créent donc les zombies-limaces, grande innovation qui changera sans doute la face du monde !

Le dénouement est, quant à lui, totalement risible puisqu’on se rend compte que le sel ne fonctionne visiblement pas si bien que ça et que certains des zombies reviennent à la vie ! En parlant de ces morts-vivants, il est aussi bon de se rendre compte qu’ils ne sont que fort peu maquillés, tout au plus sont-ils un peu plus verts que la normale, dans le genre de ceux du Lac des morts-vivants de Jean Rollin.

Une seule réplique peut faire quelque peu sourire et sauver l’espace de quelques instants cette daube en puissance. Lors du dénouement, deux zombies parlent entre eux (Eh oui ! Ils parlent aussi bien que vous et moi !) : l’un d’eux, un policier affirme « Chez nous, on déteste la violence ! », phrase qu’il aimait répéter de son vivant. Là-dessus, le bad-boy, devenu zombie lui aussi, lui lâche, tout naturellement et comme il le fait toutes les deux secondes depuis sa transformation, un « Ta gueule, branleur ! » d’anthologie. Le policier lui fait alors sauter la cervelle. C’était donc l’anecdote du film et, à vrai dire, sa seule scène potable !

Un film qui fait honte à tout le cinéma de genre et qui, espérons-le, mettra en garde les producteurs envers Tobe Hooper ! Cet homme, hormis Massacre à la tronçonneuse et Poltergeist, n’a jamais rien fait de bon et prouve chaque fois qu’il en a l’occasion qu’il tombe de plus en plus bas ! En tout cas, passez votre chemin ! Danger de mort du cinéma de genre !

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