Critique de film

Illusionniste (L')

"The Illustionist"
affiche du film
  • Genre : Fantastique – Pouvoir paranormaux
  • Année de production : 2006
  • Scénaristes : Burger Neil, Millhauser Steven
  • Acteurs : Sewell Rufus, Norton Edward, Giamatti Paul, Biel Jessica, Johnson Aaron
  • Réalisateurs : Burger Neil
  • Pays d'origine : USA, République Tchèque
  • Durée : 1h50
  • Budget : 40 millions de Dollars
  • Musique : Philip Glass
  • Bande annonce
  • Récompenses : Nominé aux Oscars catégorie Meilleure photographie (Dick Pope) en 2007
    Prix de la meilleure photographie à Camerimage 2006
    Prix de la meilleure photographie et prix spécial (Edward Norton) aux San Diego Film Critics Society Awards en 2006

Vienne, dans les années 1900. Surgit un jour le charismatique et mystérieux illusionniste Eisenheim, qui ne tarda pas à devenir l'homme le plus célèbre de la ville, l'incarnation vivante d'une magie à laquelle personne n'osait plus croire... Mais la gloire d'Eisenheim est intolérable au Prince héritier Leopold, dont la popularité décroît à mesure que grandit celle de ce showman consommé. Rationaliste convaincu, avide de pouvoir, le Prince a une raison supplémentaire de jalouser Eisenheim : ce dernier fut le grand amour de jeunesse de sa fiancée, la belle Sophie von Teschen, qui nourrit encore pour lui de très tendres sentiments. Décidé à écarter ce rival, Leopold charge son homme de confiance, l'inspecteur Uhl, d'enquêter sur l'illusionniste et de dévoiler ses impostures. Une partie serrée s'engage entre les deux hommes...

Les critiques à propos de ce film

L’illusionniste - Le maître des illusions ?
Par : Damien

Dans cette année 2006, nous avons eu droit à deux métrages traitant de la prestidigitation : Le prestige et L’illusionniste. Même année de sortie, même sujet et même genre (fantastique avec connotation onirique à twist), impossible donc de ne pas comparer les deux œuvres. Seulement, dès que l’on aborde une seule fois cette comparaison, on ne peut pas s’empêcher de démolir quelque peu le film de Burger, moins consistant que l’œuvre extraordinaire de Nolan.

Burger (qui a un nom on ne peut plus américain !) a pourtant déployé les moyens pour tenter de rester le plus fidèle possible à la nouvelle originale de Steven Millhauser («  Eisenheim, l’illusionniste »). Départ donc pour les paysages tchèques qui font formidablement « illusion » quand il s’agit d’évoquer l’empire austro-hongrois du début du vingtième siècle. Pour approfondir encore cette dimension et en introduire une autre, onirique et plus historique, Burger décide d’introduire quelques touches feutrées dominées par un halo blanchâtre. L’univers magique est planté, reste à y faire dérouler l’histoire.

Pour ce faire, le réalisateur est épaulé par un casting de choix : Edward Norton éblouissant dans son rôle de prestidi…de presgidi… de magicien, Jessica Biel qui se débrouille parfaitement dans ce rôle d’époque et un Paul Giamatti parfait dans son interprétation. Notons aussi la qualité des effets spéciaux qui plaident également en la faveur du présent métrage.

Mais, alors, qu’est-ce qui cloche ? A vrai dire, plusieurs choses. La bande-son semble inadaptée au métrage et on aurait pu imaginer une bande musicale plus classique pour entériner encore un peu plus une époque et une intrigue très « old school ». Et puis, il y a cette construction filmique.

Construction hasardeuse, chaotique, destructrice. Des personnages assez mal brossés : les retrouvailles entre Eisenheim et la duchesse n’émeuvent personne et le réalisateur ne dépeint celle-ci que durant de très courtes secondes alors que les batifolages de leur enfance sont montrés à plusieurs reprises. Dès lors, difficile de s’identifier à cette histoire d’amour et de prendre part pour l’un ou l’autre personnage (alors que le film repose sur la dualité Eisenheim-Leopold.

Mais surtout, construction dramatique lorsqu’il s’agit de déboucher sur un twist très convenu. Tout au long du métrage, Burger nous offre des indices gros comme des maisons et, pour peu qu’on soit un minimum attentif (même si parfois, c’est pas évident), on aura tôt fait de deviner où le réalisateur a voulu nous emmener. Insistant fortement sur son idée de « génie » (le terme est relatif), Burger a négligé toute une série d’éléments qui auraient pu faire de son métrage un rival au Prestige.

Mais, que voulez-vous, quand il s’agit de faire illusion, certains réussissent mieux que d’autres.

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