Critique de film

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Le Cercle 2

"The ring 2"
affiche du film

Rachel Keller (Naomi Watts) et son fils Aidan (David Dorfman) viennent de démanger dans la petite ville tranquille de Asheville au milieu des montagnes. Avec son nouveau travail de journaliste pour la Gazette de Asheville, elle fait la connaissance de David Rourke (Simon Baker). Ensemble, ils se retrouvent sur une enquête à la suite du meurtre d'une jeune fille de la ville. Alors que Rachel fait des recherches dans les archives de la Police, elle découvre que la victime était liée à la mystérieuse cassette vidéo. Mais, alors qu'elle est sur le point de découvrir la vérité, elle apprend que son fils Aidan a été hospitalisé, inconscient, avec une température dangereusement basse. Immédiatement Rachel y voit l'influence de Samara Morgan alors que le Dr Emma Temple (Sissy Spacek) soupçonne Rachel de maltraitance. Ne pouvant faire face à ces accusations plus longtemps, elle retourne à Seattle pour en savoir plus sur le passé de Samara....

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Trailer - Le cercle 2 (2005)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Le Cercle 2 - Un fantôme peut en cacher beaucoup d’autres
Par : Fred Bau

Aussi mal acceuilli par le public que fustigé par la critique, The Ring 2 se traîne dans l’ensemble une réputation dévalorisante largement imméritée. Souvent considéré comme une mauvaise resucée de la franchise, ou pire encore, comme une banale histoire de fantômes qui tourne à vide, cette excursion de Hideo Nakata au pays de l’oncle Sam compte relativement peu de défenseurs. Et encore ces derniers demeurent-ils, à l’instar de Romain Le Vern ou Fabien Reyre, le plus souvent timorés. The Ring 2 est pourtant un exercice de mise en abîme filmique sidérant. Retour en quelques lignes sur un film complexe, encore grandement incompris, et fort mal déchiffré.

Le film à l’intérieur du film, qu’il s’agit de décrypter, afin d’essayer d’en conjurer la malédiction, est rappelons-le, le moteur narratif fondamental de Ring (1998). C’est une clé indispensable pour qui veut bien appréhender The Ring 2, qui n’étant à proprement parler ni une suite du The Ring de Verbinski, ni un remake du Ring 2 de Nakata, a eu tôt fait de décontenancer critiques et spectateurs. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Si Nakata pèche, c’est par excès d’exigence et de maîtrise. Et non par paresse et opportunisme. Ce qui ne l’empêche pas de semer de nombreux indices entre lui et le public. A titre de rappel, The Ring 2 s’inscrit dans la franchise cinq ans après la trilogie japonaise largement inspirée de l’oeuvre de Köji Suzuki : Ring (1998) et Ring 2 (1999) de Nakata, et Ring 0 : Birthday de Norio Tsuruta (2000). Et trois ans après Dark Water et le remake de Ring, The Ring, tous deux sortis en 2002.

Mélange de drame fantastique et de thriller horrifique, The Ring 2 pourrait être en partie présenté comme une ré-écriture de Dark Water, puisqu’on y suit une histoire d’amour entre une mère, Rachel Keller (Noami Watts), et son fils Aidan (David Dorfman), lesquels se débattent seuls contre tous pour échapper à un fantôme vengeur. Mais Nakata entame très rapidement des hostilités inattendues (et inespérées) qui interdisent toute réduction du film à une lecture linéaire. A l’instar de Wes Craven qui réinventait le slasher par la mise en abîme du slasher, Nakata parodie, au moyen d’une mise en scène presque loufoque et grotesque, le phénomène de mode généré par son premier Ring. Le décor qu’il plante est relativement vertigineux, et son développement dépasse en profondeur les petits jeux explicites de mise en abîme de la mise en abîme, etc, régression infinie où ira s’engouffrer la franchise Scream. Se situant d’emblée au niveau du pastiche de ce qui était déjà un pastiche (1), The Ring 2 expédie le tout en une quinzaine de minutes, et place le public face à sa responsabilité de spectateur, et par extension, de témoin ou de complice. Si vous avez quelques doutes sur la question, revoyez la scène de la jeune adolescente qui se bouche la vue avec les mains plutôt que de regarder la "vidéo maudite" ; puis celle où Rachel Keller brûle la fameuse VHS : celle-ci se met à gémir en prenant une allure anthropomorphique qui n’est pas sans évoquer le Vidéodrome de Cronenberg. Cercle de feu, sous un croissant lunaire.

Vous l’aurez saisi, le ton des mises en abîme hyperboliques est rapidement donné, et ce à un rythme effarant. Le cinéma hollywoodien veut jouer avec les fantômes du Japon ? Et bien Nakata n’est pas venu aux USA pour plaisanter. Brouillant volontairement les attentes du public conquis par The Ring de Verbinski, il détourne autant le concept de suite que celui de remake, pour nous entraîner dans des ténèbres d’une épaisseur autrement éprouvante que Scream. Nakata construit un film puzzle monstrueux, qui comme Vidéodrome, pose en son centre la question du pouvoir des images et de nos rapports à un tel pouvoir. Mais là où Cronenberg pariait sur l’extrapolation plastique de la perversion (le fameux homme magnétoscope et les cassettes vivantes), Nakata préfère privilégier une fois encore la suggestion. Le maître japonais l’a rappelé dès Ring 2, il n’est pas nécessaire de filmer une cassette VHS qui s’insère dans un magnétoscope pour mettre en relief la problématique du regard qui hante collectivement. Le film à l’intérieur du film qu’est The Ring 2 n’apparaît jamais en tant que tel. Il s’insinue, serpent dans les ombres d’un labyrinthe où l’invisible prend peu à peu possession du visible, et qui à l’instar d’un fantôme qui investit le corps d’un vivant, ou d’une vidéo qui contamine un film, transparaît sans jamais vraiment apparaître : spectre. Un spectre qui entraîne le spectateur dans sa circonférence trouble, et ses énigmes pernicieuses.

Un film spectre, si l’on peut dire, qui s’imbrique tel un puzzle fragmentaire à l’intérieur d’un thriller horrifique efficace. The Ring 2 a beau prendre au dépourvu les attentes du spectateur moyen de la franchise, il réserve son lot de petites sueurs froides. Remplissant, quoi qu’à l’exclusion de tout gore, son cahier de charges américain, Nakata articule non seulement avec brio de nombreuses recettes occidentales du genre, et prouve qu’il n’a rien à envier en la matière à un James Wan ; mais il investit ce qui n’était qu’un film de commande, d’une reprise générale de thèmes déjà explorés dans Ring, Ring 2, et Dark Water. Et c’est bien là que sa très haute exigence s’éclaire : The Ring 2 étant la transmutation d’un film de commande en film d’auteur à part entière par voies de mises en abîme, il devient incompréhensible pour qui n’a aucune idée de la circonférence du cinéma de Nakata. Le coup de génie est presque incroyable. Derrière l’écran, rode, ténébreux, la dimension spectrale propre au cinéaste japonais ; un cinéma qui à l’image de l’eau, conserve une part insaisissable, qui à l’instar de l’eau, symbolise l’étroite ambivalence de la vie et de la mort. Un cinéma qui sonde des doubles sociétaux ; qui fouille des chimères. Un cinéma dont la force évocatrice et les voiles symboliques gardent jalousement leur part de mystère et de contradiction ; un cinéma de l’entre-deux.

Cette part d’ambivalence, d’entre-deux, et d’irréductibilité fantomatique trouve son point culminant à la fin du film. Après nous avoir livré une fausse suite et un faux remake, Nakata finit son faux film de commande sur un faux happy end. La scène la plus dense de The Ring 2 est probablement celle finale du puits, où Rachel Keller descend pour mettre fin à la malédiction de Samara... cette scène est d’une ambiguité absolue... elle appuie avec force l’absence du soutien paternel, faisant ainsi écho à Dark Water ; mais elle constitue en même temps un remake d’une scène très forte de Ring 2, où au fond des mêmes gouffres, un père, Ryuji Takayama (Hiroyuki Sanada), revient d’entre les morts et dit à son fils : "donne-moi ta peur". Ici, Rachel Keller se contente de refermer "la boite de Sadako". Cette chute, particulièrement ironique et ambivalente (2), confirme la dimension en partie politique de The Ring 2 . Ce repli ambigu de cette mère et de cet enfant sur eux-mêmes ne symbolise-t-il pas en effet les pires travers de l’Amérique du Nord ? Son protectionnisme, et sa tendance inconsidérée à vouloir refouler en profondeur ses cadavres ? Alignement des cercles solaire et lunaire.

"Le cinéma spectral" de Nakata est à l’image du Japon : il porte des traumatismes et des deuils infiniment douloureux. Il les porte sans en refouler le venin. Il les assume, avec une part d’horreur qui ne peut être entièrement transférée. The Ring 2 est un film d’auteur japonais qui a su prendre possession d’un film de commande hollywoodien. On y retrouve à ce titre toutes les hantises majeures qu’incarnent les fantômes du cinéma de Nakata : une humanité dépassée par sa nature, hantée par sa propre histoire, effrayée par son propre imaginaire et sa propre fécondité, laquelle est autant puissance de vie que de mort. Une humanité qui bâtit de toute pièce son propre malheur dans la complexité des filiations générationnelles.

(1) Nakata pastiche Scream en parodiant Ring, là où Craven pastichait les slashers pour produire Scream.
(2) Nakata, comme Verbinski dans The Ring, évoque le Profondo Rosso de Dario Argento dans une scène où Samara/Aidan Keller gratte le mur de sa chambre. On peut raisonnablement supposer que cette référence est beaucoup plus significative entre les mains de Nakata que celles de Verbinski, et que comme Profondo Rosso, The Ring 2 soulève la question des deuils refoulés.

Commentaires sur le film

bonne suite.

3 etoiles

coups de coeurCoup de coeur !

Le premier volet trouve une suite convaincante. Naomi est toujours impressionnante dans les scènes les plus dures, elle l’est beaucoup moins quand il lui manque de la substance dramatique, son jeu devient alors très convenu. Pour le reste, c’est solide, le ressort dramatique est bien trouvé, le cercle est bien bouclé.

21 août 2014 à 10:08 | Par Aguirre

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