Critique de film

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Dragged Across Concrete

"Dragged Across Concrete"
affiche du film

Deux officiers de police sont suspendus à la suite de la diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux dans laquelle leur méthode musclée est montrée au grand jour. Sans argent et sans avenir, les deux policiers aigris s’enfoncent dans les bas-fonds du crime et vont devoir affronter plus déterminés qu’eux…

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Trailer - Dragged Across Concrete (2018)
Par : Damien Taymans

Les critiques à propos de ce film

Critique de Dragged Across Concrete - La soif de l’or
Par : Damien Taymans
Tags : BIFFF 2019

Brett Ridgeman et son équipier, Anthony Lurasetti, sont des flics à l’ancienne. Des durs de durs qui n’hésitent à filer des tatanes aux plus récalcitrants et à taper dans l’intimidation pour obtenir un début d’aveux. Forcément, à l’ère de l’omnipotente technocratie, sitôt qu’on écrase un peu trop la tronche d’un Asiatique et la vidéo captée par un témoin de la scène circule sur la Toile, précipitant la chute des deux policiers. Privés de leur badge, Brett et Tony doivent se salir encore davantage les mains pour essayer de boucler les fins de mois et décident de se lancer dans l’escroquerie, façon Robin des Bois. Ils ferrent des truands et attendent patiemment qu’ils réalisent un casse pour leur piquer le butin et revenir ni vu ni connu à la maison. Ça, c’est pour la théorie. Parce que, en pratique, leur plan n’est pas si simple à exécuter...

En l’espace de deux films, S. Craig Zahler s’est déjà imposé comme un golden boy hollywoodien. Son style singulier, sa griffe ont imprégné les rétines dans Bone Tomahawk et Section 99 - Quartier de haute sécurité, davantage encore que dans la poignée de scénars tissés çà et là (la folie du Puppet Master : The Littlest Reich, c’est également lui !). Nouvelle convocation pour Vince Vaughn qui s’offre un tandem de choc avec Mel Gibson devenu trop rare. Les deux hommes utilisent à merveille l’espace de ce terrain de jeu gigantesque laissé Zahler qui étire certaines séquences, allonge le temps, explose l’espace pour conférer toujours plus d’amplitude à ses comédiens qui se délectent dans des échanges tarantiniens et des situations d’un naturalisme effarant (cette dégustation par Vaughn de son sandwich).

Zahler ne transige pas. Son cinéma tient du slow burner. Hypnotique, Dragged Across Concrete s’attarde, de longues minutes, sur des seconds couteaux qui disparaissent dans la séquence suivante dans une violence pure, sans concession. Une violence frontale qui propulse l’oeuvre vers une autre dimension, à telle enseigne qu’elle devient le moteur même du cinéma de son auteur. Ce dernier construit, pièce par pièce, ce piège pour le spectateur, il le maintient en qualité de témoin, l’attache à ses figures qui traversent les décors puis le propulse dans l’inconfort le plus total. Dans les cordes, le spectateur assiste hagard à un dernier tableau démentiel dont il a inconsciemment capté des prémisses dans l’hallucinatoire mise en place qui l’a précédée.

Dragged Across Concrete est une péloche saisissante, poignante, déstabilisante. Une indicible caresse suivie d’un uppercut qui fout inévitablement knock-out. L’une des meilleures péloches du BIFFF 2019, assurément.

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