Critique de film

Terreur au 13ème étage

"Botched"
affiche du film
  • Genre : Comédie horrifique
  • Année de production : 2007
  • Sortie belge : 0000-00-00
  • Réalisateur : Kit Ryan
  • Pays d'origine : Allemagne, Angleterre, Irlande, USA
  • Durée : 1h35
  • Scénariste : Derek Boyle, Eamon Friel, Raymond Friel
  • Musique : Tom Green
  • [
  • Bande annonce
  • ]
  • Casting : Stephen Dorff, Jaime Murray, Sean Pertwee, Jamie Foreman, Geoff Bell
  • Récompenses : Prix du Meilleur acteur (Stephen Dorff) et du Meilleur film au festival de New York city en 2007

Lors d’un hold-up, un voleur professionnel se retrouve confronté à des otages vraiment dangereux : serial killers et psychopathes…

Les critiques à propos de ce film

Critique de Botched - Bons charniers de Russie
Par : Damien Taymans




Seul survivant d’un braquage qui a mal tourné, Ritchie Donovan se voit commandité pour un nouvel essai par un parrain de la pègre peu scrupuleux. Envoyé en Russie, le cambrioleur professionnel doit ramener une croix antique inestimable. Suite à de fausses manœuvres, Ritchie se retrouve coincé avec ses deux acolytes au treizième étage d’un immeuble avec une fournée d’otages. Après avoir parlementé avec la police, ils décident de libérer un otage. Lorsque ledit otage se voit décapité par une lame, les malfrats comprennent que le négociateur n’est pas un membre de la police et, pis, qu’il constitue une menace sérieuse pour leur survie…

Botched (bousillé dans la langue de Poquelin) est un mélange de comédie noire, d’énigme criminelle et de gorefest horrifique, mix largement exploité ces dernières années par le biais d’œuvres comme Severance ou autres The Cottage. Cette dernière référence n’est pas innocente étant donné les similitudes qui existent entre l’œuvre de Paul Andrew Williams et celle du néophyte Kit Ryan. Prenant des allures de comédie franche contenant son lot de gueules rigolardes exacerbées par de grossiers accents russes et des stéréotypes étirés à l’extrême, Botched s’oriente vers sa moitié dans une tout autre direction, laissant place aux explosions sanguinolentes et ne recourant à l’humour que pour quelques situations trop poussives pour susciter le moindre sourire sur le visage de spectateurs gavés de ces gaudrioles parodiques qui accumulent nombre de poncifs dans le seul but de lorgner juste ce qu’il faut vers l’un ou l’autre genre.

Et c’est précisément là que le bât blesse. S’éparpillant à chaque instant, tâtonnant aveuglément, hésitant constamment entre deux genres en théorie antagonistes, l’un censé susciter l’inquiétude, l’autre censé provoquer l’hilarité, Kit Ryan et ses trois scénaristes (Derek Boyle, Eamon et Raymond Friel) se dispersent sans cesse, coursant simultanément deux lièvres trop rapides pour eux. En résulte une trame narrative simpliste qui s’entiche au fur et à mesure de nombre de louvoiements qui sont autant d’embûches scénaristiques minant considérablement la compréhension du récit. Multipliant les personnages, éclatant leurs actions au gré des couloirs labyrinthiques de l’étage, le réal ruine l’ensemble en ajoutant par le truchement d’un montage bordélique des tonnes de pérégrinations lourdingues. D’autant que, au contraire du métrage de Williams, Botched s’avère bien en peine de susciter la moindre situation équivoque, préférant sombrer dans un humour plus leste qui accumule force séquences proprement indigestes empreintes d’allusions libidineuses et de gags scatologiques en tout genre. Dans un dernier effort salvateur, Ryan se plaît à rassembler tout ce petit monde au sein d’un carrefour habité par le tueur en question (un gigantesque soldat moghol issu des troupes de Gengis Khan surnommé Ivan le Terrible), marquant du même coup la seule séquence amusante de cette entreprise lourdingue et peu maîtrisée.

Botched propose un spectacle certes plaisant et empli d’effusions sanguines les plus diverses (démembrements, décapitations, …) mais ne séduit pas complètement en raison d’une narration je-m’en-foutiste et de stéréotypes dignes d’un Police Academy, Mission à Moscou, qui stigmatisent encore et toujours, sous couvert d’humour, les mœurs barbares de slaves non-civilisés.

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