Critique de film

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Monster X strikes back: Attack the G8 Summit

"Girara no gyakushû: Tôya-ko Samitto kikiippatsu"
affiche du film

2008, le sommet du G8 se tient au Japon, sur les rives du lac Toya, près d'un volcan. Un satellite chinois s'écrase sur le territoire nippon, provoquant la naissance de Guilala, une monstrueuse créature qui va semer la panique et le chaos.

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Les critiques à propos de ce film

Critique de The Monster X strikes back : Attack the G8 Summit - Nippon ni mauvais
Par : Wizzdumb

Quand on s’apprête à lézarder dans son canapé devant un boulon pareil, les consignes de sécurité sont essentielles : laissez votre cerveau au vestiaire, il ne vous servira à rien. Ces 98 minutes ont autant d’intelligence à offrir qu’un battement de cil de Stephen Hawking.

Annoncé de façon très opportuniste comme la suite bâtarde de The X from Outer Space de 1967 – souvent considéré comme le plus grand nanar japonais de tous les temps -, Monster X… se pose d’emblée comme un curieux objet rétro. Avec ses velléités de film kaiju, qui compte parmi ses rangs d’illustres briscards tels que Godzilla, Gamera ou encore Mothra, cette panouille anachronique tente également une percée dans la satire politique avec autant de finesse qu’un tractopelle dans un jardin de gardénias.
Et c’est bien là le problème : on ne fait pas un film Head and Shoulders, 2 en 1, sans risquer de se planter méchamment. Les attaques de Guilala sont épiques (une pensée pour l’intermittent qui s’est coltiné ce costume en latex ridicule en s’amusant à marcher sur des tanks Playmobil) et doivent probablement faire pleurer Pat Le Guen, se prenant en pleine gueule une volée nostalgique du Club Dorothée, les décors en carton-pâte sont délicieusement désuets, on a une pensée émue pour Ed Wood et on ne peut s’empêcher de se demander ce qu’aurait fait Jean-Jacques Rousseau avec le même budget : l’infâme Waffelman des terrils carolos, le premier kaiju made in Courcelles ?

Malheureusement, à l’instar de Rousseau justement, Kawasaki a décidé de colorer politiquement son film et on se retrouve avec huit couillons censés représenter les grandes puissances mondiales en plein sommet du G8 : l’italien encourage le réchauffement climatique pour que les pizzas soient plus chaudes, l’américain a tout du cowboy texan qui aime terroriser au nom de la liberté, le français – nommé Solkozy (subtilité, quand tu nous tiens !) – préfère sonder « l’Arc de Triomphe » de sa traductrice avec sa « Tour Eiffel » (sic), et le reste est à l’avenant. Mais, comme si ces clichés primaires ne suffisaient pas, Kawasaki en rajoute une couche de peur qu’on soit « un peu dur de la comprenure » : ainsi, chaque puissance va défier à tour de rôle le méchant Guilala en utilisant ses armes de prédilection. L’italien va user de la stratégie de César, les Russes vont proposer un bon gros suppositoire de Polonium 210, les Japonais vont essayer d’imposer l’arme nucléaire (chose désormais impossible après Fukushima), mais la palme du mauvais goût revient aux Allemands qui vont carrément tenter de gazer le gros lézard. Autant de déploiements inutiles, puisqu’ils ne réussissent qu’à faire des guiliguilis à Guilala.

Et, comme pour chaque genre, le kaiju a ses propres codes : le salut ne peut venir que d’un enfant, d’une femme ou d’un autre monstre. Ici, on ne fait pas dans le détail, on a les trois pour le prix d’un ! Mieux encore, Také Majin, le monstre salvateur découvert par l’enfant et réveillé par la femme, prend les traits de Takeshi Kitano qui vient faire quelques cumulets avec l’autre intermittent parmi les maquettes miniatures…

C’est kitsch, c’est lourd, c’est un gloubi boulga néo-rétro saucé à la portnawak et on aurait aimé s’extasier devant cette suite improbable, savourer l’interprétation désastreuse des occidentaux du film. Mais en hésitant entre le kaiju pur et dur et la satire politique, Kawasaki se retrouve coincé dans un no man’s land cinématographique qui nous rappelle constamment qu’il est temps de récupérer notre cerveau.


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