Critique de film

pub

Monster man

"Monster man"
affiche du film

Adam est bien décidé à déclarer sa flamme à celle dont il est amoureux depuis si longtemps. Le voilà donc embarqué sur la route avec son ami Harley pour retrouver l'élue de son coeur. Mais le voyage ne se passe pas du tout comme prévu : ils sont pourchassés par un mystérieux individu au visage mutilé...

pub

Les critiques à propos de ce film

Critique de Monster man - De l’humour et du gore
Par : Damien Taymans

Imaginez quelques secondes que vous êtes dans votre voiture, bien tranquillement installé au volant, effectuant un périple routier vers le sud du pays. Quand, tout à coup, un bolide énorme vous fonce dessus et n’a pas l’air décidé à vous lâcher. Un cauchemar pourtant bien réel pour Adam et son copain Harley, partis tous deux au mariage d’une camarade de classe dont Adam est toujours amoureux et à laquelle il aimerait déclarer sa flamme afin de faire capoter le mariage.

Les personnages principaux semblent tout droit sortis d’un American pie tant leurs manières de parler et de se comporter reflètent la candeur puérile qui frappe les adolescents attendant patiemment l’apparition de leurs premiers poils pubiens. Le tandem est à la hauteur des teen movies : Adam est un jeune puceau, fermé sur lui-même qui ne supporte pas les blagues salaces de son copain Harley, uniquement intéressé par les croupes des filles de joie et par les beuveries qui n’en finissent plus. Si le départ du film peut sembler assez ridicule tant les comparses ne s’arrêtent pas une seule seconde de s’enguirlander comme un vieux couple qui vient de passer le cap des cinquante ans de mariage, on se laisse rapidement prendre au jeu et on constate assez rapidement que l’œuvre ne souffre d’aucune prétention et se revendique un côté self joke empli d’autodérision qui l’installe d’emblée dans la catégorie des nanars sympathiques au lieu d’être propulsé dans les séries Z sans charme. L’apogée de l’humour noir est atteint lorsque les deux individus débarquent dans un bar peuplé de gens impotents et d’amputés en tout genre. Le comble du mauvais goût est définitivement atteint et el politiquement correct en prend un grand coup. Survient alors l’élément perturbateur qui va amplifier cette dimension comique : l’arrivée du monstre au volant de son gigantesque véhicule.

Dès lors, le métrage poursuit sa route sur les chapeaux de roue et met les protagonistes aux prises de nombreux personnages et les place dans des situations extrêmement délicates. Fidèle à leur rôle de duo comique comportant son clown blanc et son auguste, Adam et Harley réagissent différemment lors de chaque aventure, le premier reprochant ses frasques au second, frasques qui amèneront leur lot d’ennuis. C’est notamment le cas lorsque, découvrant le monster truck garé sans conducteur sur le parking, Harley prend l’initiative d’uriner dans l’habitacle du camion. Dans le même temps, Adam aperçoit pour la première fois le visage de celui qui les a poursuivis et s’enfuit en toute hâte avant d’apprendre la nouvelle exagération de son compagnon.

Quittant quelque peu cette dimension absurde, le film entre dans une nouvelle ère dès l’apparition de Sarah, magnifique auto-stoppeuse qui va changer la donne au sein du groupe de copains. Malgré les avances pompeuses d’Harley, cette dernière semble lui préférer Adam, le puceau au cœur pris par une fille inatteignable. A la franche comédie vient se greffer une dimension romantique assez particulière. Avant que le film ne prenne un virage ultime très impressionnant, aboutissant au véritable film d’horreur avec ce qu’il faut de gore et de sang pour exciter les fanas des tortures les plus diverses. Le réalisateur Michael Davis (créateur de Shoot ’Em Up) prendra lors le pari osé d’utiliser tous les poncifs du genre pour les détourner fièrement et transformer cette partie horrifique en une partie réjouissante où chacun pourra prendre son pied (que ce soit par l’intermédiaire des dialogues grotesques, des créatures monstrueuses ou des effusions de sang). Avant de clôturer le tout par une scène dans le ton du reste du métrage : tiré par les cheveux jusqu’à être atteint de calvitie…

Néanmoins, de bout en bout de son évolution, le film souffre d’un défaut majeur : une désorganisation totale. Un véritable bordel scénaristique où se mélangent les genres, les situations, les personnages. Tout s’entrecroise sans aucune logique et aucun semblant de cohérence à l’horizon. Considéré par quelques-uns comme une mascarade, il faut avouer que Monster man tente tant bien que mal de dissimuler son manque de structure derrière un lot de gags désopilants. Autre défaut que l’on peut imputer à l’œuvre : le manque de dosage dans sa dimension grotesque qui va certainement en rebuter plus d’un. A titre de prévention : munissez-vous de votre second voire troisième degré, vous en aurez certainement besoin…

Monster man, à défaut d’être réellement excellent, peut au moins se targuer de ne pas se prendre au sérieux et dénote avec ces films de série Z rapidement enfouis sous l’apparence sérieuse qu’ils aimeraient se donner. C’est bourré d’humour, c’est rempli de bonnes idées et ça vaut la peine d’être vu…

Donnez votre avis sur le film !

En résumé
ecrire un commentaire sur le film
;



Récentes critiques

affiche du film
The Platform
2020
affiche du film
Werewolf
2018
affiche du film
Play or Die
2019
affiche du film
Ça: Chapitre 2
2019
affiche du film
Cities of Last Things
2018
affiche du film
Impossible Crimes
2019
affiche du film
The Soul Conductor
2018
affiche du film
Stray
2019
affiche du film
Dark, Almost Night
2019
affiche du film
The Dead Center
2018

Cinemag

> Feuilleter

Concours

Sondage