Critique de film

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Mort-vivant (Le)

"Dead of Night"
affiche du film

Un officier de l'armée américaine apporte à la famille Frost une sinistre nouvelle : leur fils et frère Andy est mort au combat, durant la guerre. Sa mère Maria, sous le choc, refuse de croire le messager. Et elle semble avoir eu raison puisque, la nuit même, Andy revient à la maison. Toutefois, son comportement s'avère des plus étranges : il ne s'alimente pas, passe ses journées à se balancer sur un rocking chair et se montre d'une rare froideur. Qui plus est, un routier a été assassiné le soir de son retour, semble-t-il par un mystérieux soldat...

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Les critiques à propos de ce film

Critique de Le mort-vivant - Un film plus vivant que mort...
Par : Damien Taymans

Après leur première œuvre commune inspirée de La Nuit des morts-vivants de Romero intitulée Children shouldn’t play with dead things, le réalisateur Bob Clark et le scénariste Alan Ormsby s’attèlent à nouveau à étayer la filmographie des films de zombies avec ce Dead of Night. Surprise de taille puisque, contrairement aux nombreux films abordant les entre-deux-mondes qui vont affluer dans les années qui suivent, Le mort-vivant se situe dans la lignée des films romériens politiques. Mieux encore, sorti au moment du rappel des troupes américaines du Vietnam, il est le premier film à traiter de l’ineptie du débarquement des GI dans le pays des Viets, bien avant un certain Apocalypse now.

A l’inverse, le métrage aborde ce malaise non pas en terre asiatique (ou uniquement lors d’une courte scène d’entrée) mais sur le sol américain en mettant en scène le retour d’un soldat chez lui. Les propos de l’œuvre sont d’ailleurs amplifiés par cette décontextualisation géographique. La dimension sociologique prend tout son sens dans l’opposition entre l’enfer de la guerre du Vietnam et le calme bourgeois de la banlieue américaine. Une bourgade nommée Brookstown et habitée par les Brooks, famille modèle avec les parents aimants, la fille brillante et serviable, le fils parti servir son pays et le petit chien qui n’aboie pas outre mesure. Une vie rêvée dans laquelle reviendra Andy, héros décharné, personnage sans âme qui rentre en contraste avec le cadre verdoyant dans lequel il évolue et au sein duquel il ne reconnaît plus sa place. Un soldat entamé dans sa chair, un être dénaturé par une guerre aussi atroce qu’inutile, symbole de l’omniprésence vaine des Américains dans les conflits géopolitiques mondiaux.

Œuvre politique mais également sociologique puisque la cellule familiale de la classe moyenne américaine, symbolisée ici par la famille d’Andy, va rapidement se dégrader suite au retour du fils prodigue. Les parents s’entredéchirent au sujet de leur enfant et de son comportement, la sœur est provisoirement écartée de leurs préoccupations, le chien même subira les conséquences de l’arrivée du zombie.

Car, il convient tout de même de recadrer mes propos, il s’agit bel et bien d’un film d’horreur en dépit de ses traitements existentiels. Une œuvre horrifique qui se déroule dans une atmosphère étrange rendue par une photographie teintée et l’ambiance très seventies du cadre. Sans oublier ce mort-vivant aux comportements étranges qui frappe ses victimes par de rares salves de violence extrême. Un mort-vivant étrange figuré par une créature complexe autant fantomatique (les absences physiques d’Andy) et zombiesques (son statut de mort parmi les vivants) que vampiriques (il s’injecte le sang de ses victimes).

Outre son traitement de fond exceptionnel et ses qualités techniques, Le mort-vivant est surtout l’occasion de découvrir de nouveaux talents. Celui de Bob Clark, qui s’époumonera dans le cinéma de genre pour livrer le très bon Black Christmas quelques années plus tard. Celui de Richard Bakus qui interprète excellemment le Andy zombiesque grâce à l’effacement de toute psychologique (celui-ci ne fera qu’une très piètre carrière dans le septième art). Celui enfin (et non des moindres) de l’un des plus grandes pointures du cinéma horrifique en général et de celui du film de morts-vivants en particulier, j’ai nommé le grand Tom Savini qui commencera sa carrière en tant qu’assistant au maquillage dans ce métrage et effectuera de magnifiques réalisations pour la création zombiesque au physique plus fulcien que romérien.

Néanmoins, si le film mérite un statut d’œuvre culte qu’il n’a pour le moment pas encore, il n’est pas pour autant un chef-d’œuvre et comporte son lot de facettes négatives. Pointons par exemple la scène d’entrée vietnamienne au sein de laquelle on voit mourir à la guerre un personnage qui n’est pas le même que celui du reste du métrage. De même, le suspense instauré a souvent du mal à être réellement efficace, se déroulant dans un rythme peu soutenu et entaché de nombre d’effets qui rendent certaines scènes très prévisibles.

Dans la lignée de La nuit des morts-vivants et en présage de l’excellent Zombie, Le mort-vivant est une grande réalisation sur les zombies politiques qu’il faut absolument voir…

Commentaires sur le film

masterpiece

5 etoiles

Un film génial, et une bande sonore magnifique et mystèrieuse...
Une question concernant cette fameuse bande son :
on peut y reconnaitre la musique d’un film de Lucio Fulci, The Beyond (1981).
Dans le film de Bob Clark qui est de 7 années antérieur à celui de Fulci, la musique
ressemble à un remix experimental de la B.O. de "The Beyond" !!!
Quelqu’un aurait-il la solution à cette énigme ?

12 novembre 2008 à 19:11 | Par samuel robert

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